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Marché noir du tabac : Christophe Blanchet redoute un « narcotrafic bis » et appelle à un choc pénal

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Marché noir du tabac : Christophe Blanchet redoute un « narcotrafic bis » et appelle à un choc pénal

Longtemps cantonné au rang de fraude périphérique, presque anecdotique dans le paysage de la délinquance organisée, le trafic de tabac change aujourd’hui de dimension. Pour Christophe Blanchet, vice-président de l’Assemblée nationale et député Les Démocrates (MoDem) du Calvados, la France se trouve désormais « aux prémices d’un narcotrafic bis ». Face à l’explosion des saisies et à la structuration croissante des réseaux, l’élu a défendu sur CNews sa proposition de loi visant à renforcer la lutte contre le crime organisé du tabac et à alourdir significativement la réponse pénale.

🧠 En résumé

🔹 Sujet 🔸 L’essor du marché noir du tabac en France et les inquiétudes liées à une possible dérive vers un narcotrafic similaire à celui de la drogue.
🔹 Acteur principal 🔸 Christophe Blanchet, député, alerte sur l’ampleur croissante du trafic illicite de tabac.
🔹 Constat 🔸 Le commerce illégal de cigarettes se développe fortement et alimente des réseaux criminels organisés.
🔹 Risque identifié 🔸 L’émergence d’un « narcotrafic bis » autour du tabac, avec des réseaux structurés et des profits importants.
🔹 Proposition 🔸 Mise en place d’un « choc pénal » avec un durcissement des sanctions contre les trafiquants.
🔹 Objectif 🔸 Renforcer la lutte contre le commerce illégal afin de protéger l’économie légale et limiter le financement de la criminalité.
🔹 Enjeu 🔸 Préserver le réseau des buralistes et réduire les pertes fiscales liées à la vente illégale de tabac.

 

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« J’alerte sur les dangers du trafic de tabac depuis six ans », a rappelé Christophe Blanchet lors de son passage chez CNews le 23 décembre dernier. Le parlementaire a en effet cosigné deux rapports d’information consacrés à la lutte contre la contrefaçon, en 2020 puis en 2023. « J’y soulignais déjà la progression du tabac contrefait, qui reste pourtant en marge des priorités gouvernementales. Aujourd’hui, le phénomène a pris une ampleur considérable », a-t-il insisté.

Une hausse spectaculaire des saisies

Les chiffres des douanes confirment cette montée en puissance. En 2023, 521 tonnes de tabac de contrebande et de contrefaçon ont été saisies, contre 284,5 tonnes en 2020. En l’espace de trois ans, la progression atteint 83 %. « Cela montre que le trafic s’installe durablement et que les réseaux se structurent », a analysé le député.

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La hausse est encore plus frappante s’agissant de la seule contrefaçon. Selon le dernier bilan des douanes, les cigarettes contrefaites représentent désormais 19 % des volumes saisis, soit 8,5 fois plus qu’en 2020. « Nous ne sommes plus face à un phénomène marginal », a martelé Christophe Blanchet.

La France concentrerait à elle seule près de la moitié de la contrefaçon de cigarettes au sein de l’Union européenne. Une situation paradoxale pour un pays doté d’un monopole de distribution et d’un réseau de buralistes strictement encadré.

Contrebande et contrefaçon, deux réalités distinctes

L’élu MoDem a tenu à dissiper une confusion fréquente entre contrebande et contrefaçon. « Lorsque vous achetez des cigarettes à l’étranger pour les revendre ensuite à votre entourage, c’est déjà de la contrebande », a-t-il expliqué. Les produits sont authentiques, fabriqués légalement, mais écoulés en dehors du circuit fiscal français.

La contrefaçon obéit à une logique différente. « Les trafiquants fabriquent eux-mêmes les cigarettes », a précisé Christophe Blanchet. Les ateliers clandestins, installés dans des hangars ou des entrepôts insalubres, échappent à toute norme sanitaire et à tout contrôle. « Le tabac n’est ni stocké ni transformé dans des conditions conformes à celles des manufactures légales », a-t-il souligné, évoquant une absence totale de traçabilité.

Des produits encore plus dangereux

Le tabac reste nocif, qu’il soit acheté chez un buraliste ou sur le marché noir. Mais, selon Christophe Blanchet, les produits contrefaits franchissent « un cap supplémentaire » en matière de dangerosité.

Les démantèlements récents ont mis en lumière des conditions de fabrication particulièrement préoccupantes : matières premières entreposées à même le sol, absence de contrôle qualité, présence de substances étrangères dans les produits finis, comme du mercure, des résidus de ciment ou encore des excréments de rongeurs. Autant d’éléments susceptibles d’aggraver les risques pour la santé des consommateurs.

« Quand des personnes se retrouvent à l’hôpital avec des pathologies encore plus graves, c’est la collectivité qui paie », a déploré Christophe Blanchet, établissant un lien direct entre enjeu sanitaire et impact sur les finances publiques.

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Un marché criminel estimé à 4 milliards d’euros

Au-delà de la santé publique, l’élu a insisté sur l’ampleur économique du phénomène. « Le marché illicite du tabac est organisé de manière mafieuse et criminelle et génère environ 4 milliards d’euros », a-t-il affirmé. À titre de comparaison, le narcotrafic serait estimé à 7 milliards d’euros en France.

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« Si l’on considère qu’à 7 milliards d’euros, ce sont des mafias structurées qui tuent, alors il faut admettre qu’à 4 milliards d’euros, ce sont les mêmes organisations qui prospèrent et mettent à mal notre modèle de sécurité », a soutenu le vice-président de l’Assemblée nationale.

Christophe Blanchet a également souligné la rentabilité exceptionnelle de ce trafic. « À l’époque de mon rapport de 2020, le kilo de tabac pur coûtait 4 euros. Une cigarette pèse un gramme, un paquet 20 grammes. Avec un kilo, les trafiquants peuvent donc produire 50 paquets ».

En intégrant le papier et les tiges, le coût total de production ne dépasserait pas 5 euros pour ces 50 paquets. « Cela signifie que lorsqu’un trafiquant vend un paquet, il lui reste 49 paquets de bénéfice. C’est un ratio particulièrement avantageux », a précisé le parlementaire.

Christophe Blanchet a cité l’exemple d’une usine clandestine démantelée près de Rouen début 2023. En dix mois, elle aurait produit près de 25 millions de paquets et généré environ 125 millions d’euros de chiffre d’affaires. « Nous sommes face à une organisation industrielle », a-t-il observé.

Des liens avec d’autres formes de criminalité

L’élu MoDem a également établi des passerelles entre trafic de tabac et autres activités criminelles. « Plusieurs rapports ont mis en évidence des liens avec le financement d’actions terroristes », a-t-il rappelé, évoquant notamment le parcours des frères Kouachi, qui auraient eu recours à la contrefaçon pour financer l’achat d’armes.

Autre dimension, celle de l’exploitation humaine. Selon Christophe Blanchet, les réseaux criminels recourent à une forme de traite d’êtres humains, exploitant des personnes en situation irrégulière. « Les vendeurs à la sauvette devant les stations de métro sont souvent sous la coupe de réseaux. S’ils ne vendent pas, ils ne mangent pas », a-t-il affirmé.

Un impact direct sur les buralistes et les territoires

Le marché noir fragilise également le réseau légal. En 2024, les buralistes ont enregistré une baisse de 11,5 % de leurs ventes de tabac, avec une perte moyenne estimée à 42 500 euros de marge brute imputable au commerce illicite. « Le trafic est partout, pas seulement dans les grandes villes. On trouve des paquets de contrebande ou de contrefaçon dans de nombreux territoires, y compris sur Internet », a souligné Christophe Blanchet.

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Dans bien des communes, le bureau de tabac constitue l’un des derniers commerces de proximité. Sa fragilisation peut entraîner des conséquences économiques et sociales significatives. « Si le tabac est amené à disparaître, cela doit se faire progressivement, afin d’accompagner la transition des buralistes », a estimé Christophe Blanchet.

Durcir les sanctions et frapper au portefeuille

Aujourd’hui, la vente de tabac contrefait est passible de quatre ans d’emprisonnement, et de sept ans lorsqu’elle est commise en bande organisée. Des peines que Christophe Blanchet juge insuffisantes au regard des profits générés. « Les trafiquants de drogue se tournent vers le tabac parce que c’est très rentable et dix fois moins sanctionné », a-t-il avancé.

C’est la raison pour laquelle le député porte une proposition de loi visant à alourdir les peines d’emprisonnement et à instaurer des amendes dissuasives. « Il faut taper au porte-monnaie des trafiquants, mais aussi des consommateurs, dont la demande alimente mécaniquement l’offre illégale. L’argent reste le nerf de la guerre ».

Christophe Blanchet souhaite également faciliter la saisie des avoirs criminels et permettre l’émission d’obligations de quitter le territoire français (OQTF) pour les membres étrangers des réseaux. « C’est une approche assumée, très répressive. Si les réseaux perdent leurs « petites mains », ils seront déstabilisés », a-t-il estimé.

Vers un texte transpartisan

La proposition de loi n’est pas encore inscrite à l’ordre du jour. Christophe Blanchet ne souhaite pas la limiter à la niche parlementaire du MoDem prévue le 26 mars, mais ambitionne d’en faire un texte transpartisan, nécessitant le soutien d’au moins trois groupes parlementaires.

Pour le vice-président de l’Assemblée nationale, l’urgence est manifeste : « Nous sommes aux prémices d’un narcotrafic bis. Il faut agir dès maintenant et avec fermeté contre le marché noir du tabac pour éviter qu’il ne devienne un nouveau narcotrafic ».

Selon Christophe Blanchet, laisser prospérer ce marché parallèle reviendrait à accepter l’installation durable d’une économie criminelle capable de rivaliser avec les réseaux du trafic de drogue, de déstabiliser les territoires et d’affaiblir les finances publiques. D’où son appel à un durcissement rapide et massif de la réponse pénale.

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