Thomas Roux Limoges : Covid-19 et suicide des jeunes : une des préoccupations de la psychiatrie

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Thomas roux limoges
Thomas roux limoges

Encore aujourd’hui, les médias communiquent allégrement sur le nombre de personnes contaminées par le virus du Covid-19, sur ses multiples variants et les symptômes qu’ils déclenchent. Des millions de personnes sont mortes à travers le monde.

Cela aurait pu être un chiffre encore plus important, si certains jeunes avaient réussi leur tentative de suicide. Pourquoi cette information a-t-elle été si peu, voire pas du tout relayée ?

C’est là tout le malheur de la santé mentale ; ce dont pourrait témoigner Thomas Roux à Limoges où il est directeur de la Polyclinique.

Tentative de suicides des jeunes de moins de 15 ans : une des conséquences tues de la pandémie.

Malheureusement, des jeunes qui font des tentatives de suicide ou qui s’ôtent la vie, ce n’est pas nouveau. Le phénomène est certainement aussi vieux que l’humanité et propre à elle, car si l’on parle parfois de suicide animal cela relève plutôt d’un comportement autodestructeur en fin de vie ou en cas de maladie.

Déjà en 1897, Durkheim voulait en peaufiner la définition, pour mieux l’appréhender. A l’époque, le secteur de la psychiatrie était en plein essor, avec quelquefois bien sûr beaucoup de maladresses, des pratiques sur lesquelles on jetterait l’opprobre en 2022, mais avec le mérite d’essayer.

Ce n’est plus la même chose aujourd’hui. Les professionnels doivent composer avec un nombre de plus en plus important de personnes ayant un problème de santé mentale et cela ne va pas en s’améliorant.

Une étude troublante de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) prévoit d’ici quelques années qu’une personne sur 5 en présentera un. Autre problème : le financement pour répondre à cette demande de plus en plus forte. Au contraire de la médecine physique, la santé mentale est pourvue annuellement d’une simple dotation.

En décembre 2019, un virus étrange, venu de Chine commençait à faire des ravages. Arrivé en France, les premiers chiffres tombent et tout le monde ne parle que de ça : personnes vulnérables en première ligne, comorbidité qui accentue le risque, réanimations…

Arrive ensuite le premier confinement. Une situation inédite pendant laquelle les personnes ont été contraintes à bouleverser leurs habitudes. Plus question de sortir ou seulement pour des actes de première nécessité. Interdiction de côtoyer ses proches, de les toucher, afin de limiter la propagation de la maladie.

Pourtant, cela semble sans effet et les chiffres continuent d’affoler la planète. On entend parler de situation endémique ; soit le fait de devoir vivre avec le virus.

Pour les jeunes de moins de 15 ans, cela signifie ne plus jamais vivre comme avant. Angoisse, crises de panique, fatalisme. A l’heure où le corps et le cerveau sont en pleine mutation, le virus devient un ennemi qui tue et empêche aussi de vivre.

Selon certains chiffres, les tentatives de suicides chez cette population auraient quadruplé pendant cette période. Pourtant, qui s’en est fait l’écho ? A Limoges, Thomas Roux était alors directeur du Centre Hospitalier de Limoges ; soit un hôpital qui se charge de la santé mentale.

En tant que directeur, il a dû faire face à deux épidémies : la physique et la psychiatrique, avec au milieu un personnel épuisé par le manque de moyens.

Thomas Roux Limoges : Comment œuvrer pour une meilleure image de la santé mentale ?

Avant que l’épidémie ne frappe la planète, Thomas Roux avait déjà pris conscience que la santé mentale reste un tabou en France. Ses études de droit, celles à l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique l’avaient préparé au dur métier de directeur, sans doute pas à devoir affronter une autre réalité : le rejet de la maladie mentale ; comme si, à l’instar du virus du Covid-19, elle pouvait se propager, véhiculée par l’air.

Arrivé à Limoges après plusieurs postes à responsabilité, Thomas Roux comprend qu’il faut communiquer, sortir de l’omerta dans laquelle on veut cloisonner la santé mentale. Lui sait que la tentative de suicide, la dépression, le burn-out, le TDAH sont autant de troubles qui peuvent amener les enfants et les adultes à pousser les portes d’un établissement de psychiatrie, sans pour autant que l’on puisse taxer les personnes de folie.

En parlant de son métier dans les médias, Thomas Roux à Limoges, espère changer les choses et surtout le regard que portent les gens sur la santé mentale. Limoges n’est bien sûr pas un cas isolé, toute la France et peut-être le monde sont sans doute concernés. 7 personnes sur 10 avouent ne pas connaitre plus que cela la maladie mentale, même s’ils sont 86% à souhaiter un dépistage plus rapide, pour pouvoir apporter une réponse de qualité aux malades et à leur entourage.

Car pour beaucoup de personnes, la maladie mentale, c’est une honte à supporter devant autrui, ce qui rajoute de la souffrance.

Ne serait-ce qu’au niveau des pédopsychiatres ; soit des professionnels qui s’occupent des enfants ; les agendas sont pleins, ne laissant que peu de créneaux à l’urgence. Quand on sait qu’un enfant va mal, ce qui peut être relayé par le corps enseignant parfois ou un médecin de famille, il faut parfois attendre avant d’avoir un rendez-vous. Thomas Roux, à Limoges et ailleurs aimerait que cela change. Qu’il y ait plus de moyens, que les gens soient plus solidaires et aident au dépistage.

Si aujourd’hui il dirige avec la même pugnacité la Polyclinique de Limoges, Thomas Roux n’oubliera jamais, c’est certain, son expérience à Esquirol. Il a pu voir à quel point le manque d’information pouvait mettre à mal une profession. Ce qui touche de plein fouet les professionnels, en tant que directeur, il l’a ressenti lui aussi, très fortement et s’est battu, avec les moyens qu’il possédait à l’époque.

Parler et communiquer sur ce qu’est la santé mentale, prévenir les tentatives de suicide en reconnaissant parfois les signes avant-coureurs pourrait être d’utilité publique, pour éviter les drames.

Heureusement, le plus souvent, ce sont des appels à l’aide et les actes n’aboutissent pas à la mort. Mais faut-il en arriver là pour alerter les consciences ? Cela a été le combat de Thomas Roux, à Limoges. D’autres professionnels de la santé partout en France continuent à parler pour délier les langues et sauver des vies.

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