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6 MW, 12 MWh, solaire flottant stocké à Gueugnon, ce que Verso Energy doit affronter pour raccorder son parc local

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Verso Energy vient d’inaugurer à Gueugnon, en Saône-et-Loire, une station de stockage par batteries installée auprès de son parc photovoltaïque flottant. D’une puissance de 6 MW et d’une capacité de 12 MWh, l’équipement doit conserver l’électricité produite lors des heures les plus ensoleillées, puis la restituer quand le réseau en a besoin. Le site bourguignon associe désormais production solaire sur plan d’eau et pilotage par batteries, dans un contexte où les contraintes de raccordement pèsent fortement sur les projets renouvelables.

Verso Energy ajoute 6 MW de batteries à Gueugnon

Le site solaire flottant de Gueugnon franchit une étape industrielle avec la mise en service de la première station de stockage par batteries de Verso Energy. L’entreprise, spécialisée dans les énergies renouvelables et les solutions bas carbone, avait lancé ce parc photovoltaïque flottant en juillet 2025 sur un plan d’eau de Saône-et-Loire. L’installation atteint une puissance maximale de 23,1 MWc, ce qui en fait déjà un équipement significatif à l’échelle régionale.

La nouvelle batterie affiche une puissance de 6 MW / 12 MWh. Concrètement, elle peut absorber une partie de l’électricité produite lorsque l’ensoleillement est élevé, puis la restituer de façon différée, notamment en soirée ou la nuit. Antoine Huard, directeur général de Verso Energy, résume l’objectif opérationnel par une formule simple, stocker l’excédent d’électricité produite pour le réinjecter dans le réseau la nuit.

Cette logique répond à un problème fréquent dans le solaire. La production est concentrée au milieu de la journée, au moment où les panneaux délivrent le plus d’énergie. La consommation, elle, suit une courbe différente, avec des besoins importants en début de soirée. Sans batterie, une partie de la production peut être limitée ou perdue lorsque le réseau local ne peut pas tout absorber.

En associant panneaux flottants et stockage, Gueugnon devient la plus grande centrale solaire flottante hybride de France, selon les éléments communiqués autour du projet. Ce qualificatif renvoie à la combinaison de deux briques techniques, la production photovoltaïque sur l’eau et le stockage stationnaire. Le modèle intéresse les énergéticiens, car il améliore la valeur de l’électricité produite sans augmenter immédiatement la surface occupée.

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L’investissement global atteint 27 millions d’euros sur le site, dont près de 4 millions pour la solution de stockage. Pour Verso Energy, l’opération sert de démonstrateur grandeur nature avant d’autres déploiements. Pour la commune, elle installe Gueugnon dans le paysage national des infrastructures renouvelables de nouvelle génération.

Parc solaire flottant de Gueugnon associé à des batteries de stockage
À Gueugnon, la production solaire flottante est désormais associée à une capacité de stockage. — Photo : Abdulaziz hasan / Pexels

Le réseau Enedis limite encore l’injection du parc solaire

La batterie de Gueugnon n’est pas seulement un équipement de confort. Elle répond à une contrainte précise, la saturation du réseau local. Malgré une puissance installée de 23,1 MWc, le parc solaire ne peut injecter aujourd’hui qu’environ 6 MWc dans le réseau, selon les données communiquées par l’entreprise. Cette limite tient à la capacité actuelle des infrastructures de distribution.

Enedis, gestionnaire du réseau de distribution, mène des travaux destinés à lever cette difficulté technique. L’échéance mentionnée est 2028, date à laquelle le raccordement devrait permettre au site de mieux valoriser sa production. D’ici là, le stockage joue un rôle de tampon. Il évite de brider trop fortement la centrale aux heures de production maximale et permet de reporter une partie de l’électricité vers des moments plus favorables.

Le cas de Gueugnon illustre un phénomène plus large. Le développement rapide du solaire crée des points de tension sur certains réseaux locaux, conçus historiquement pour acheminer l’électricité depuis de grandes centrales vers les consommateurs. Avec les renouvelables décentralisées, l’électricité circule aussi depuis les territoires vers le réseau. Cette inversion partielle des flux impose des renforcements, des outils de pilotage et des systèmes capables d’absorber les variations.

La station de stockage fournit également des services au système électrique. Une batterie peut participer au réglage de fréquence, fonction indispensable pour maintenir l’équilibre permanent entre production et consommation. Elle peut aussi intervenir dans les arbitrages infrajournaliers, en stockant lorsque les prix sont bas ou que le réseau est saturé, puis en injectant lorsque la demande devient plus forte.

Cette valorisation multiple modifie l’économie des projets solaires. Le producteur ne dépend plus uniquement du volume injecté à l’instant de production. Il dispose d’un outil pour déplacer l’énergie dans le temps, sécuriser ses revenus et répondre à des besoins techniques du réseau. À Gueugnon, cette flexibilité intervient avant même que le raccordement complet du parc soit disponible.

Réseau électrique Enedis renforcé pour intégrer le solaire et les batteries
Le stockage aide à gérer les contraintes du réseau local avant les renforcements annoncés. — Photo : Peter Dyllong / Pexels

Huawei, CEME et Bouhet TP équipent le stockage

La solution de stockage installée à Gueugnon a été fournie par Huawei, groupe chinois déjà présent sur plusieurs segments des équipements électriques et numériques. Le choix de cette technologie s’inscrit dans un marché très concurrentiel, dominé par les batteries lithium-ion stationnaires, utilisées pour leur densité énergétique, leur réactivité et leur pilotage numérique. Les conteneurs de stockage peuvent être commandés à distance et intégrés aux outils de supervision du producteur.

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La construction du dispositif a mobilisé CEME et Bouhet TP, deux entreprises implantées dans le territoire. Leur intervention couvre les travaux électriques, les aménagements de site, le raccordement interne et l’adaptation des infrastructures existantes. Pour un parc flottant, ces opérations supposent une coordination particulière entre les équipements sur l’eau, les postes électriques à terre et les systèmes de conversion associés à la batterie.

Le montant consacré au stockage est estimé à près de 4 millions d’euros. Cette enveloppe inclut les équipements, leur intégration et les travaux nécessaires à leur exploitation. Rapporté à l’investissement total de 27 millions d’euros à Gueugnon, le stockage représente une part ciblée mais stratégique. Il améliore l’utilisation de la centrale sans nécessiter la construction d’une nouvelle unité de production.

Sur le plan industriel, cette opération confirme le rôle croissant des intégrateurs et fabricants de batteries dans les projets renouvelables. Les développeurs solaires ne se contentent plus de produire des mégawattheures. Ils doivent optimiser leur injection, sécuriser leur raccordement, répondre aux signaux de marché et fournir des services de stabilité. Ces fonctions demandent des logiciels, des capteurs, des onduleurs et des systèmes de gestion de l’énergie.

Le choix de fournisseurs internationaux pour les cellules ou les systèmes complets met aussi en lumière la dépendance européenne sur certaines briques du stockage. Les entreprises locales interviennent sur le génie civil, l’électricité et l’installation, tandis que la chaîne de valeur des batteries reste largement mondialisée. Gueugnon concentre cette double réalité, ancrage territorial du chantier et technologie issue d’un marché international.

Vésigneul-sur-Marne accueillera une batterie quatre fois plus puissante

Verso Energy ne limite pas son expérimentation à la Saône-et-Loire. L’entreprise lance en même temps la construction d’une batterie près de quatre fois plus puissante à Vésigneul-sur-Marne. Ce futur équipement confirme la montée en puissance du stockage dans la stratégie de l’énergéticien. Après un premier site couplé à une centrale solaire flottante, le groupe prépare un dispositif de plus grande ampleur.

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Le choix de la Marne n’est pas anodin pour le secteur énergétique. Les territoires ruraux et périurbains accueillent une part importante des nouvelles infrastructures renouvelables, car ils disposent de foncier, de réseaux à adapter et parfois d’anciens sites industriels ou agricoles reconvertibles. Les batteries peuvent y jouer un rôle d’interface entre production locale et besoins électriques régionaux.

Une batterie quatre fois plus puissante que celle de Gueugnon changerait l’échelle d’intervention. Elle pourrait absorber des volumes plus importants, répondre plus fortement aux variations de production et participer de manière accrue aux mécanismes de flexibilité du réseau. Dans un système électrique où l’éolien et le solaire progressent, cette capacité de réaction rapide devient un outil recherché.

Pour les collectivités, ces projets posent aussi des questions concrètes. Ils promettent des retombées économiques, des chantiers locaux, des loyers fonciers ou des recettes fiscales. Ils suscitent également des interrogations sur la sécurité, l’intégration paysagère, la provenance des équipements et le recyclage futur des batteries. Les opérateurs doivent donc documenter leurs choix techniques et dialoguer avec les riverains.

À Gueugnon, la mise en service fournit un premier retour d’expérience. Les mois à venir permettront d’observer la performance réelle de la batterie, son taux d’utilisation, sa contribution au réseau et son intérêt économique face aux prix de marché. La transition énergétique avance par ce type d’équipements intermédiaires, moins visibles que les grandes centrales, mais décisifs pour rendre l’électricité renouvelable plus pilotable.

Questions fréquentes

À quoi sert la batterie installée à Gueugnon ?
Elle stocke une partie de l’électricité solaire produite lorsque l’ensoleillement est fort et que le réseau ne peut pas tout absorber. Cette énergie peut ensuite être réinjectée plus tard, notamment en soirée ou la nuit.
Quelle est la puissance du système de stockage de Gueugnon ?
La station de stockage affiche une puissance de 6 MW et une capacité de 12 MWh. Elle est associée à un parc solaire flottant dont la puissance maximale atteint 23,1 MWc.
Pourquoi le réseau limite-t-il la production injectée ?
Le réseau local de distribution ne dispose pas encore de la capacité nécessaire pour absorber toute la puissance du parc. Des travaux sont annoncés afin d’améliorer cette situation à l’horizon 2028.
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