Le Vietnam cherche à accélérer le déploiement du solaire photovoltaïque en toiture après la publication, le 26 juin 2026, du décret 243/2026/ND-CP. Ce texte modifie plusieurs dispositions des décrets 57/2025/ND-CP et 58, avec un objectif clairement affiché par les autorités: réduire les blocages administratifs, encourager l’autoproduction et faciliter l’installation de panneaux sur les bâtiments résidentiels, industriels et publics. La démarche intervient alors que la demande électrique progresse dans les zones urbaines et manufacturières, en particulier autour d’Hô-Chi-Minh-Ville, de Thanh Hoa et des grands pôles économiques.
Sommaire
Le décret 243/2026/ND-CP clarifie l’autoproduction solaire
Le texte adopté par le gouvernement vietnamien vise d’abord à rendre plus lisible le régime applicable aux installations en toiture. Le décret 243/2026/ND-CP intervient après plusieurs mois de remontées de terrain sur les délais, les formulaires et les critères de raccordement. Les précédents textes avaient posé un cadre général, mais les porteurs de projets signalaient encore des interprétations différentes selon les provinces, ce qui ralentissait les décisions d’investissement.
La nouvelle étape réglementaire concerne surtout l’autoconsommation. Les ménages, les commerces et les usines qui installent des panneaux pour couvrir une partie de leurs besoins doivent pouvoir identifier plus rapidement leurs obligations techniques. Le sujet est sensible, car une installation mal dimensionnée peut créer des contraintes sur le réseau local. Les autorités cherchent donc à concilier deux impératifs: libérer l’initiative privée et maintenir la stabilité du système électrique.
Le décret modifie des éléments des décrets 57/2025/ND-CP et 58, explicitement cités dans les communications vietnamiennes. Cette articulation juridique compte autant que les annonces financières. Dans les faits, les investisseurs attendent des procédures prévisibles, des délais connus et des règles identiques d’une province à l’autre. Les entreprises industrielles, qui consomment beaucoup en journée, figurent parmi les bénéficiaires les plus probables du dispositif.
Le gouvernement vietnamien présente cette évolution comme un levier d’efficacité énergétique, mais la mise en œuvre dépendra des administrations locales et des compagnies d’électricité. Les dossiers devront encore intégrer des éléments de sécurité incendie, de conformité des onduleurs, de résistance des toitures et de compatibilité avec les réseaux de distribution. La simplification ne signifie donc pas absence de contrôle. Elle vise plutôt à supprimer les doublons qui décourageaient des projets de taille modeste.

Hô-Chi-Minh-Ville encadre les raccordements sur toiture
La publication de directives par Hô-Chi-Minh-Ville illustre le rôle déterminant des collectivités dans cette phase. La métropole concentre une forte consommation électrique, portée par les logements collectifs, les centres commerciaux, les bureaux, les ateliers et les infrastructures publiques. Dans ce contexte, le solaire en toiture peut réduire les pointes de consommation de journée, mais il nécessite un suivi précis des raccordements.
Les consignes locales portent notamment sur les pièces à fournir, les exigences de sécurité et la relation avec l’opérateur électrique. Pour les propriétaires de bâtiments, cette clarification est importante. Une centrale photovoltaïque en toiture implique des choix techniques concrets: puissance installée, emplacement des panneaux, type d’onduleur, protections électriques et modalités de maintenance. Les autorités cherchent à éviter que la croissance rapide du marché ne se traduise par des installations de qualité inégale.
Le cas de la ville montre aussi que le raccordement au réseau reste l’un des sujets les plus délicats. Même lorsque la production est destinée à l’usage interne du bâtiment, des flux électriques peuvent apparaître selon les heures et la consommation réelle. Les gestionnaires locaux doivent donc disposer d’informations fiables sur la puissance installée. Sans cette visibilité, la multiplication de petites centrales risque de compliquer l’exploitation du réseau basse et moyenne tension.
Pour les entreprises, la nouvelle réglementation peut raccourcir la période entre la décision d’investir et la mise en service. Le bénéfice économique dépendra néanmoins du coût initial, du profil de consommation et des conditions techniques du bâtiment. Dans une usine fonctionnant principalement de jour, la production photovoltaïque colle davantage aux besoins. Dans un immeuble résidentiel où la consommation augmente surtout le soir, l’intérêt repose davantage sur la gestion collective, les batteries éventuelles et l’organisation des usages.

Thanh Hoa Power teste le modèle d’autoconsommation
Au deuxième trimestre 2026, Thanh Hoa Power a achevé un système d’énergie solaire photovoltaïque en toiture destiné à l’autoproduction et à l’autoconsommation. Cette réalisation locale sert de cas pratique dans un débat national souvent dominé par les textes réglementaires. Elle montre comment une compagnie d’électricité peut intégrer des panneaux sur ses propres bâtiments tout en observant les contraintes opérationnelles que rencontrent les clients.
L’intérêt de ce type de projet ne se limite pas au volume d’électricité produit. Une installation en toiture permet de tester les procédures internes, les normes de raccordement, les protocoles de maintenance et les outils de suivi de production. Pour une société électrique, l’expérience fournit des données concrètes sur la performance des équipements en climat chaud et humide, la résistance des supports, la formation des équipes et les besoins en inspection régulière.
Le modèle d’autoproduction est particulièrement adapté aux bâtiments administratifs, aux entrepôts et aux sites techniques qui consomment pendant la journée. La production locale peut compenser une part des usages courants, notamment la climatisation, l’éclairage, l’informatique et certains équipements de service. Cette logique contribue à réduire la facture énergétique et à lisser la demande adressée au réseau pendant les heures ensoleillées.
Le retour d’expérience de Thanh Hoa peut intéresser d’autres provinces. Les autorités vietnamiennes cherchent à passer d’une politique générale à des projets reproductibles, avec des coûts connus et des procédures maîtrisées. Les entreprises publiques disposent d’un avantage: elles peuvent documenter les étapes, publier des standards et former leurs techniciens. Le secteur privé attendra surtout des délais courts, des interlocuteurs identifiés et une lecture stable des obligations.
Ce type d’installation rappelle aussi que le solaire en toiture dépend de conditions matérielles très précises. Toutes les toitures ne supportent pas le même poids, toutes les orientations ne produisent pas le même rendement et tous les bâtiments ne disposent pas d’espaces disponibles sans ombrage. Le développement du photovoltaïque en toiture demande donc des audits sérieux, en amont des choix financiers et des annonces publiques.
Un prêt de 20 millions de VND vise les ménages
Le volet financier est central pour les particuliers. Les informations publiées au Vietnam mentionnent un prêt maximal de 20 millions de VND pour les systèmes solaires photovoltaïques, avec une aide calculée à hauteur de 4 millions de VND/kWc. Ce mécanisme cherche à réduire la barrière du coût initial, souvent dissuasive pour les foyers qui disposent d’une toiture exploitable mais pas de trésorerie disponible.
Pour un ménage, l’installation de panneaux reste un investissement technique. Le montant à mobiliser dépend de la puissance choisie, de la qualité des équipements, de l’état de la toiture et du coût de pose. Un soutien public ou bancaire peut rendre la décision plus accessible, à condition que les démarches soient simples. Si les justificatifs, les contrôles et les délais deviennent trop lourds, une partie des foyers risque de renoncer malgré l’aide annoncée.
La mesure soulève aussi une question d’équité. Les logements individuels avec toiture bien orientée profiteront davantage du dispositif que les appartements en immeuble, fréquents dans les grandes villes. Les ménages modestes peuvent rencontrer d’autres freins: accès au crédit, avance de frais, confiance dans les installateurs, compréhension des contrats de maintenance. Le succès du financement solaire dépendra donc autant de l’accompagnement que du montant nominal du prêt.
Les autorités vietnamiennes devront aussi surveiller la qualité du marché. Lorsqu’un dispositif d’aide accélère la demande, des installateurs peu expérimentés peuvent apparaître. Les risques portent sur le dimensionnement, la sécurité électrique, les garanties et la performance réelle. Des listes d’équipements conformes, des contrôles après installation et des formations professionnelles peuvent limiter ces dérives. Cette vigilance conditionne l’acceptation sociale du programme.
Le prêt de 20 millions de VND peut créer une dynamique utile si les ménages constatent des économies mesurables sur leurs factures. La pédagogie sera décisive: expliquer la production attendue, la durée de vie des panneaux, les limites par temps couvert et les obligations d’entretien. Dans un pays où la demande électrique progresse rapidement, le solaire résidentiel peut devenir un complément crédible, sans remplacer les investissements nécessaires dans le réseau.
Le réseau vietnamien reste le point de vigilance
Le développement du solaire en toiture ne dépend pas uniquement des panneaux et des aides financières. Le réseau électrique vietnamien doit absorber une production plus décentralisée, variable selon l’ensoleillement et concentrée sur certaines heures. Cette contrainte est connue dans tous les pays qui ont développé rapidement le photovoltaïque. Elle impose une modernisation progressive des équipements de distribution, des systèmes de mesure et des outils de pilotage.
Dans les zones industrielles, la production solaire peut être consommée presque immédiatement par les ateliers, les compresseurs, la climatisation ou les chaînes de production. Dans les quartiers résidentiels, le profil est différent. Une partie des habitants n’est pas chez elle aux heures de forte production, ce qui réduit l’autoconsommation directe. Le recours à des batteries ou à des usages décalés peut améliorer l’équilibre, mais ces solutions augmentent le coût du projet.
Les compagnies d’électricité devront donc renforcer leurs capacités d’analyse. Les données issues des compteurs, des onduleurs et des postes de distribution permettront d’anticiper les zones saturées. La planification locale devient essentielle lorsque des centaines de toitures produisent simultanément. Le pilotage numérique du réseau peut aider à éviter les tensions, mais il suppose des investissements, des compétences techniques et une coordination entre administrations.
Pour le Vietnam, l’enjeu dépasse la seule transition énergétique. Le solaire en toiture peut soutenir la compétitivité des entreprises exportatrices, de plus en plus attentives à l’empreinte carbone de leurs chaînes de production. Il peut aussi renforcer la résilience des bâtiments publics face aux hausses de consommation. Le décret 243 ouvre une nouvelle séquence, centrée sur l’exécution locale, la qualité des installations et la capacité du réseau à suivre le rythme des projets.
Questions fréquentes
- Que change le décret 243/2026/ND-CP pour le solaire en toiture au Vietnam ?
- Le décret modifie des dispositions des textes précédents afin de clarifier les procédures liées aux installations photovoltaïques en toiture, en particulier pour l’autoproduction et l’autoconsommation. Il vise à rendre les règles plus lisibles pour les ménages, les entreprises et les administrations locales.
- Pourquoi Hô-Chi-Minh-Ville publie-t-elle ses propres directives ?
- La métropole concentre une forte demande électrique et de nombreux bâtiments adaptés au solaire en toiture. Des consignes locales permettent de préciser les dossiers, les exigences de sécurité et les conditions de raccordement au réseau.
- Quel soutien financier est prévu pour les ménages vietnamiens ?
- Les informations disponibles mentionnent un prêt maximal de 20 millions de VND, avec une aide de 4 millions de VND/kWc. L’intérêt réel dépendra du coût de l’installation, de la consommation du foyer et de la simplicité des démarches.




