ABB a été retenu pour moderniser les systèmes de contrôle et de sûreté de l’unité 1 de la centrale nucléaire de Cernavod, en Roumanie. Le projet, annoncé début septembre 2026, s’inscrit dans un programme de rénovation destiné à prolonger de 30 années la durée d’exploitation du réacteur. Le groupe suisse interviendra pour le compte d’Ansaldo Nucleare, chargé de l’ingénierie, de l’approvisionnement et de la construction. L’opération concerne un site stratégique pour l’approvisionnement électrique roumain, exploité avec deux unités de technologie CANDU-6.
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ABB et Ansaldo Nucleare ciblent Cernavod 1
Le contrat confié à ABB place le groupe industriel suisse au cœur d’un chantier sensible pour le secteur énergétique roumain. L’entreprise doit moderniser les systèmes de contrôle et de sûreté de Cernavod 1, première unité de la centrale située dans le sud-est du pays, près du Danube. Le donneur d’ordre direct est Ansaldo Nucleare, spécialiste italien de l’ingénierie nucléaire, retenu comme contractant EPC pour cette rénovation lourde.
Le rôle d’ABB porte sur l’automatisation industrielle, un domaine devenu central dans l’exploitation des installations nucléaires existantes. Dans une centrale, les systèmes de contrôle assurent la supervision des paramètres de fonctionnement, tandis que les systèmes de sûreté sont conçus pour intervenir dans les situations critiques. Leur modernisation vise à remplacer ou à compléter des équipements conçus plusieurs décennies plus tôt, dans un contexte technique et réglementaire très différent.
Daniela Gentile, directrice générale d’Ansaldo Nucleare, présente ce projet comme une étape importante pour la sécurité et les performances de l’unité 1. Elle met en avant la connaissance du site par son entreprise, la coopération ancienne avec ABB et l’expérience du groupe suisse dans l’automatisation dédiée à la production nucléaire. Cette continuité industrielle constitue un argument majeur, car les interventions sur un réacteur en exploitation demandent une compréhension précise des architectures existantes.
Le choix d’un acteur déjà présent à Cernavod limite aussi les risques liés à l’intégration. ABB dispose de systèmes en service sur l’unité 2 depuis 2007, ce qui lui donne une expérience opérationnelle locale. Dans ce type de projet, la réussite ne dépend pas uniquement de la performance des nouveaux équipements. Elle repose aussi sur leur compatibilité avec les procédures d’exploitation, les exigences de l’autorité de sûreté et les contraintes de maintenance.

Cernavod 1 vise trente années d’exploitation supplémentaires
L’objectif affiché du programme est de prolonger l’exploitation de Cernavod 1 de 30 années. Cette durée supplémentaire représente un enjeu considérable pour la Roumanie, car une centrale nucléaire ne se remplace pas rapidement. Les décisions relatives aux réacteurs existants engagent les exploitants et les pouvoirs publics sur plusieurs décennies, avec des conséquences directes sur les investissements, la sécurité d’approvisionnement et le prix de l’électricité.
L’unité 1 est en service depuis 1996. Elle repose sur la technologie CANDU-6, une filière de réacteurs canadiens utilisant de l’eau lourde. L’unité 2, entrée en service en 2007, fonctionne sur la même technologie. Ensemble, ces deux tranches constituent un pilier du mix électrique roumain. Leur maintien en exploitation permet d’éviter une dépendance accrue aux centrales fossiles ou aux importations, en particulier lors des périodes de forte demande.
Une prolongation de durée de vie ne se limite pas à une simple opération de maintenance. Elle implique des analyses de sûreté, des remplacements d’équipements, des contrôles métallurgiques, des mises à niveau numériques et des examens réglementaires. Les systèmes de contrôle et de sûreté font partie des composants les plus surveillés, car ils assurent l’interface entre les opérateurs, les automatismes et les fonctions de protection du réacteur.
Pour Ansaldo Nucleare, le chantier s’inscrit dans une logique d’ingénierie de long terme. Les travaux doivent permettre à la centrale de répondre aux standards actuels tout en conservant une architecture compatible avec les équipements nucléaires d’origine. L’équilibre est délicat: moderniser suffisamment pour améliorer la fiabilité, sans introduire de complexité excessive dans un environnement où chaque modification doit être qualifiée, documentée et approuvée.
La durée supplémentaire de 30 années traduit aussi l’intérêt économique des prolongations de réacteurs. Construire une nouvelle centrale impose des délais longs, des procédures de financement lourdes et un risque de dépassement budgétaire. Rénover une unité existante reste coûteux, mais l’actif industriel, le raccordement au réseau, les équipes d’exploitation et les procédures de site sont déjà en place.

Les systèmes de sûreté seront centralisés et cybersécurisés
La modernisation prévue par ABB porte sur une nouvelle architecture de contrôle et de sûreté, décrite comme centralisée et protégée contre les cybermenaces. Dans le nucléaire, la numérisation des systèmes apporte des gains de précision, de diagnostic et de pilotage, mais elle impose aussi des barrières robustes face aux risques informatiques. Les exploitants doivent concilier disponibilité permanente, séparation des fonctions critiques et traçabilité des interventions.
Le projet prévoit une plateforme destinée à améliorer la fiabilité opérationnelle et les performances de long terme de l’unité. Cette approche centralisée peut faciliter la surveillance des équipements, la détection des anomalies et la gestion des alarmes. Pour les équipes de conduite, l’intérêt réside dans une information plus cohérente et plus rapide, à condition que l’ergonomie, la formation et les procédures suivent le même niveau d’exigence.
Une partie du périmètre concerne les fonctions dites de catégorie A liées aux groupes électrogènes diesel de secours. Ces équipements ont un rôle essentiel: alimenter certains systèmes vitaux en cas de perte des sources électriques externes. ABB indique que ces fonctions s’appuieront sur une combinaison d’équipements conventionnels câblés, choix fréquent pour des fonctions très critiques, car il réduit la dépendance à des couches logicielles complexes.
La cybersécurité occupe une place croissante dans les programmes de modernisation nucléaire. Les centrales ont longtemps été conçues autour de systèmes isolés. Les nouvelles architectures, plus intégrées, demandent une segmentation stricte des réseaux, des contrôles d’accès, des journaux d’activité et des plans de réponse aux incidents. Dans ce domaine, la question n’est pas uniquement technique. Elle touche aussi l’organisation, la formation du personnel et la gestion des fournisseurs.
Per Erik Holsten, président de la division Energy Industries d’ABB, relie cette modernisation à la demande énergétique et à la production bas carbone. Selon lui, la mise à niveau des systèmes critiques de contrôle et de sûreté reste indispensable pour préserver la fiabilité et la production des centrales nucléaires. Cette déclaration reflète la position des industriels du secteur, qui défendent la rénovation des parcs existants comme complément aux nouveaux projets de production.
La Roumanie préserve une production nucléaire bas carbone
Pour la Roumanie, la rénovation de Cernavod 1 répond à une contrainte énergétique concrète: disposer d’une production pilotable, disponible quelles que soient les conditions météorologiques. Les énergies renouvelables progressent en Europe, mais leur variabilité oblige les réseaux à s’appuyer sur des moyens capables de produire en continu. Le nucléaire joue ce rôle dans plusieurs pays, avec une empreinte carbone faible pendant la phase d’exploitation.
Le maintien de l’unité 1 dans le mix électrique roumain peut aussi soutenir la stabilité du réseau régional. La Roumanie est intégrée au marché européen de l’électricité, où les tensions sur les prix et les capacités se répercutent rapidement entre pays voisins. Une unité nucléaire rénovée et disponible sur plusieurs décennies peut réduire l’exposition aux fluctuations du gaz et limiter le recours aux moyens thermiques lors des pics de consommation.
L’enjeu dépasse le seul périmètre national. Depuis la crise énergétique européenne, les États réévaluent leurs capacités pilotables, leurs interconnexions et leur dépendance aux importations. Dans ce cadre, la prolongation d’un réacteur existant apparaît comme une option pragmatique, même si elle exige des investissements élevés et une surveillance réglementaire continue. Les autorités de sûreté devront encadrer chaque étape avant la poursuite effective de l’exploitation.
Le site de Cernavod bénéficie d’une expérience industrielle accumulée depuis près de trois décennies avec l’unité 1 et depuis 2007 avec l’unité 2. Cette ancienneté représente un atout pour la maîtrise opérationnelle, mais elle impose aussi une vigilance accrue sur le vieillissement des composants. Les programmes de prolongation examinent les matériels électriques, les systèmes de commande, les structures, les tuyauteries et les composants soumis à fatigue.
La sélection d’ABB confirme la place prise par les spécialistes de l’automatisation dans les rénovations nucléaires. Les projets de prolongation ne se limitent plus aux grands composants mécaniques. Ils intègrent désormais des systèmes numériques, des protections cyber et des plateformes de supervision capables d’accompagner plusieurs décennies d’exploitation. À Cernavod, la modernisation annoncée doit donc servir à la fois la disponibilité industrielle, la sûreté et la place du nucléaire dans la stratégie énergétique roumaine.
Questions fréquentes
- Quel est le rôle d’ABB dans le projet de Cernavodă 1 ?
- ABB doit moderniser les systèmes de contrôle et de sûreté de l’unité 1 de la centrale nucléaire de Cernavodă. Le groupe intervient pour Ansaldo Nucleare, chargé du projet d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction.
- Combien d’années d’exploitation supplémentaires sont visées ?
- Le programme de rénovation vise une prolongation de 30 années de la durée d’exploitation de Cernavodă 1. Cette extension dépendra des travaux techniques, des contrôles de sûreté et des validations réglementaires nécessaires.
- Pourquoi la cybersécurité est-elle importante dans cette modernisation ?
- Les systèmes de contrôle modernisés utilisent des architectures plus intégrées. La cybersécurité sert à protéger les fonctions critiques, à limiter les accès non autorisés et à préserver la disponibilité des équipements de sûreté.
Sources
- ABB remporte un projet pour prolonger la durée de vie …
- ABB va moderniser une centrale nucléaire en Roumanie
- ABB to modernize Cernavodă Unit 1 as Romania extends nuclear plant life by 30 years – Business Catalog 🇪🇺
- ABB modernizes automation systems to extend life of nuclear power plant in Romania by 30 years
- ABB remporte un projet pour prolonger la durée de vie …




