Nommé pendant l’été à la tête de la région académique Bourgogne-Franche-Comté et de l’académie de Besançon, Pierre Moya a présenté sa feuille de route vendredi 28 août, à quelques jours de la rentrée scolaire. Le recteur place son arrivée sous le signe du terrain, avec quatre axes annoncés devant la presse: instruire, protéger, unir et prévoir. Cette première rentrée bisontine intervient après sa nomination par décret et son installation au début du mois d’août.
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Pierre Moya décline quatre priorités pour Besançon
Pour sa première prise de parole de rentrée dans l’académie, Pierre Moya a choisi une formule resserrée. Le recteur articule son projet autour de quatre missions: instruire, protéger, unir et prévoir. Ce cadrage donne le ton d’une rentrée qu’il veut lisible pour les personnels, les familles et les collectivités. L’objectif annoncé consiste à fixer une direction commune, sans multiplier les slogans ni disperser les messages institutionnels.
La priorité donnée à l’instruction renvoie d’abord aux apprentissages fondamentaux. Dans une académie comme Besançon, marquée par des réalités territoriales contrastées entre pôles urbains, petites villes et espaces ruraux, la question de l’égalité d’accès au savoir reste centrale. Le recteur entend suivre les acquis des élèves, les transitions entre les niveaux et le travail mené dans les écoles, collèges et lycées. Cette approche implique un dialogue régulier avec les chefs d’établissement, les inspecteurs et les équipes pédagogiques.
Le deuxième axe, protéger, dépasse la seule sécurité matérielle des bâtiments. Il concerne aussi la prévention du harcèlement, le climat scolaire, la prise en charge des fragilités et la qualité du lien avec les familles. La rentrée 2026 s’inscrit dans un contexte où l’école est attendue sur sa capacité à repérer rapidement les situations de mal-être, à prévenir les violences et à restaurer la confiance dans l’institution.
Les deux autres verbes, unir et prévoir, donnent une dimension plus stratégique à cette feuille de route. Unir signifie rechercher une cohérence entre les services du rectorat, les établissements et les partenaires locaux. Prévoir revient à anticiper les évolutions démographiques, les besoins de remplacement, les usages numériques et les transformations des métiers. Pour rentrée 2026, cette méthode doit permettre au rectorat d’éviter une gestion uniquement réactive des difficultés.

Le décret du 27 juillet encadre sa prise de fonctions
La nomination de Pierre Moya s’inscrit dans un calendrier administratif précis. Le décret du 27 juillet 2026 portant nomination indique que l’ancien recteur de l’académie d’Amiens est nommé recteur de la région académique Bourgogne-Franche-Comté et de l’académie de Besançon. Sa prise de fonctions est fixée au 3 août 2026, ce qui lui laisse moins d’un mois pour préparer sa première rentrée dans ce nouveau périmètre.
Ce délai court impose une méthode de travail rapide. Avant même la rentrée des élèves, un recteur doit prendre connaissance des dossiers sensibles, rencontrer ses principaux collaborateurs, identifier les points de vigilance département par département et établir un contact avec les représentants de l’État. Dans le cas de Besançon, la responsabilité académique porte sur les territoires comtois, tandis que la dimension régionale suppose une coordination plus large avec la Bourgogne-Franche-Comté.
Cette double fonction place le recteur au croisement de plusieurs niveaux de décision. Il intervient sur les politiques éducatives, les moyens humains, la formation, l’orientation et les relations avec les collectivités. Le pilotage régional concerne aussi les liens avec l’enseignement supérieur, la recherche et l’emploi, des domaines dans lesquels les parcours des élèves se prolongent bien au-delà du baccalauréat. L’enjeu consiste donc à maintenir une cohérence entre la gestion quotidienne des établissements et les grandes orientations nationales.
Son passage par Amiens apporte une expérience utile pour aborder une académie marquée, elle aussi, par des contrastes sociaux et géographiques. Les réalités ne sont pas identiques, mais plusieurs problématiques se retrouvent d’un territoire à l’autre: attractivité des postes, accompagnement des élèves les plus fragiles, relations avec les familles et continuité du service public d’éducation. La conférence de presse du 28 août a servi à présenter ce cadre général avant les visites de terrain annoncées dans les établissements.

L’académie de Besançon renforce la protection des élèves
Le mot protéger occupe une place importante dans la feuille de route présentée par le recteur. Dans les établissements, la protection des élèves recouvre des réalités concrètes: prévention des violences, traitement des alertes, accompagnement psychologique, encadrement des usages numériques et respect des principes républicains. Le rectorat doit veiller à ce que chaque signalement soit suivi, documenté et transmis aux bons interlocuteurs lorsque la situation l’exige.
Le harcèlement scolaire reste l’un des sujets les plus sensibles pour les familles. Les équipes disposent de procédures, mais leur efficacité dépend de la rapidité du repérage et de la qualité de la coordination entre enseignants, personnels de vie scolaire, infirmiers, assistants sociaux et directions d’établissement. À la rentrée, l’attention porte souvent sur les classes charnières, en particulier l’entrée au collège, période durant laquelle les élèves changent de cadre, de rythme et de groupe de pairs.
La protection concerne aussi le climat quotidien dans les écoles et les établissements. Retards répétés, tensions dans les cours de récréation, incidents sur les trajets, conflits importés des réseaux sociaux: ces signaux faibles peuvent dégrader durablement les conditions d’apprentissage. Le travail des équipes éducatives consiste à intervenir tôt, avant que les situations ne s’enkystent. Le rectorat a un rôle d’appui, en fournissant un cadre, des formations et des relais spécialisés.
Cette priorité comporte également une dimension de confiance. Les parents attendent des réponses claires, des délais maîtrisés et une parole institutionnelle compréhensible. Les personnels, eux, demandent des consignes stables et un soutien visible lorsque des situations complexes surgissent. Pour Pierre Moya, l’amélioration du climat scolaire passe par une présence accrue sur le terrain et par une lecture précise des réalités locales, établissement par établissement.
Besançon prépare l’école aux mutations démographiques et numériques
Le dernier axe avancé par Pierre Moya, prévoir, renvoie à une question structurante pour l’école: comment préparer les établissements aux transformations déjà engagées? Les mutations scolaires touchent à la démographie, aux choix d’orientation, aux métiers émergents, aux attentes des familles et aux outils numériques. Dans l’académie de Besançon, ces changements ne produisent pas les mêmes effets selon que l’on se situe dans une ville universitaire, une commune périurbaine ou un secteur rural.
La démographie scolaire pèse directement sur l’organisation des classes. Selon les secteurs, les effectifs peuvent baisser, se stabiliser ou progresser. Cette évolution influence la carte scolaire, les ouvertures ou fermetures de classes, les affectations d’enseignants et les choix de transport. Le rectorat doit arbitrer entre contraintes budgétaires, besoins pédagogiques et équilibre territorial. Ces décisions sont souvent sensibles, car elles touchent à la vie quotidienne des familles et à l’avenir de certaines communes.
Le numérique constitue un autre champ d’anticipation. L’intelligence artificielle modifie déjà les pratiques de travail des élèves, la préparation des cours et les questions d’évaluation. L’institution scolaire doit former les élèves à l’usage critique de ces outils, sans ignorer les risques de fraude, de dépendance ou d’inégalités d’accès. Les enseignants ont besoin de repères partagés pour intégrer ces technologies sans perdre de vue les apprentissages fondamentaux.
La préparation de l’avenir concerne aussi l’orientation et les liens avec les acteurs économiques. Les lycées professionnels, les formations post-baccalauréat et les partenariats locaux jouent un rôle déterminant dans les parcours des jeunes. Dans l’école rurale, la question de l’accès à l’information, aux stages et aux mobilités reste particulièrement importante. Les prochaines semaines permettront de mesurer comment cette feuille de route se traduit dans les déplacements du recteur, les décisions de moyens et le dialogue avec les établissements.
Questions fréquentes
- Qui est Pierre Moya dans l’académie de Besançon ?
- Pierre Moya est le recteur nommé à la tête de la région académique Bourgogne-Franche-Comté et de l’académie de Besançon. Il a pris ses fonctions le 3 août 2026 après un décret de nomination publié le 27 juillet.
- Quelles priorités a-t-il présentées pour la rentrée 2026 ?
- Le recteur a présenté quatre priorités : instruire, protéger, unir et prévoir. Elles couvrent les apprentissages, la sécurité des élèves, la cohérence entre acteurs éducatifs et l’anticipation des transformations scolaires.
- Pourquoi la protection des élèves occupe-t-elle une place centrale ?
- Cette priorité répond aux attentes des familles et des personnels sur le harcèlement, le climat scolaire, les violences et l’accompagnement des situations fragiles. Le rectorat doit soutenir les établissements dans le repérage et le traitement des alertes.




