La Ferrari Luce place Maranello devant un test industriel et culturel majeur. Premier modèle de série 100 % électrique de la marque, cette cinq-places revendique 1 050 ch, une batterie de 122 kWh et une autonomie annoncée jusqu’à 330 miles, soit environ 531 km. Les premiers signaux commerciaux, notamment en Chine, suggèrent que le pari dépasse le simple exercice d’image.
Sommaire
Ferrari Luce revendique 1 050 ch et 330 miles
La fiche technique situe immédiatement la Ferrari Luce dans la partie la plus haute du marché électrique de prestige. Le modèle utilise quatre moteurs, un par roue, pour une puissance annoncée de 1 050 ch. La valeur maximale communiquée atteint 765 kW, avec un exercice de 0 à 62 mph en 2,5 secondes. Ce chiffre place la voiture dans le territoire habituel des supercars de la marque, malgré une masse de 2 260 kg.
La batterie de 122 kWh permet une autonomie revendiquée jusqu’à 330 miles, donnée à interpréter avec prudence tant que les cycles d’homologation et les usages réels ne sont pas pleinement documentés. La vitesse maximale annoncée atteint 193 mph, soit près de 311 km/h. Ferrari conserve donc un discours centré sur la performance, plutôt que sur la seule transition énergétique.
Le dispositif technique reprend une logique de transmission intégrale, avec vectorisation du couple pour ajuster la motricité roue par roue. La marque prévoit aussi un mode propulsion, destiné aux conducteurs attachés aux réactions plus mobiles du train arrière. Ce choix est stratégique, car le plaisir de conduite reste le principal critère de légitimité pour une Ferrari.
L’absence de moteur V12 ou V8 impose un traitement spécifique de l’expérience sonore. Ferrari recourt à un capteur placé sur l’essieu arrière, chargé de capter les vibrations mécaniques et de les amplifier. Cette approche évite la simulation purement artificielle, mais elle devra convaincre une clientèle habituée à associer la marque au timbre de ses moteurs thermiques.

Un cinq-places électrique inédit dans l’histoire Ferrari
La Luce marque une rupture de format. Après le Purosangue, elle devient le deuxième modèle à quatre portes de Ferrari, mais le premier à accueillir cinq passagers. Le choix n’est pas anodin. Une voiture électrique impose des contraintes d’architecture différentes, notamment liées à la batterie, mais elle offre aussi une occasion de repenser l’espace disponible.
Ferrari indique que le centre de gravité est abaissé de 95 mm par rapport au Purosangue, grâce à l’intégration du pack batterie dans la structure. La rigidité en torsion progresse, selon la marque, tandis que 95 % des composants seraient nouveaux. Cette proportion illustre l’ampleur du développement, loin d’une adaptation rapide d’une plateforme existante.
Le format liftback, proche d’une berline haute de gamme à hayon, éloigne la Luce des silhouettes traditionnelles de Maranello. Cette carrosserie vise une clientèle qui recherche davantage de polyvalence, sans basculer vers un SUV classique. Le dessin de toit et le traitement des portes répondent à cette logique, avec une attention marquée portée aux seuils, aux charnières et au vitrage.
La présence du double vitrage confirme aussi l’ambition routière du modèle. Le silence de fonctionnement d’une électrique haut de gamme expose davantage les bruits d’air et de roulement. Pour Ferrari, cette maîtrise acoustique devient une partie de l’expérience premium. La Luce ne remplace pas les modèles thermiques et hybrides, elle élargit la gamme dans une logique de neutralité technologique défendue par le constructeur.

Jony Ive inspire un habitacle centré sur le conducteur
L’habitacle constitue l’un des points les plus observés du projet. La participation de Jony Ive, connu pour son exigence dans le design industriel, accompagne une recherche de simplicité tactile. Ferrari ne se contente pas d’ajouter des écrans à une planche de bord classique. La marque tente de préserver une relation physique entre conducteur, commandes et informations.
Le volant à trois branches est usiné en aluminium recyclé à 100 %. Il pèse 400 g de moins que d’autres volants Ferrari actuels, selon les informations communiquées. Le combiné d’instruments se déplace avec le volant afin de rester visible quelle que soit la position de conduite. Cette solution répond à un problème concret, fréquent sur les véhicules très réglables.
Le Manettino et l’e-Manettino sont placés côte à côte sur le volant. Le premier renvoie à l’ADN Ferrari, le second adapte cette logique à la gestion électrique. Les palettes de contrôle du couple utilisent un mécanisme magnétique, pensé pour offrir un retour volontairement ferme à chaque action. Cette recherche de résistance mécanique est importante dans un univers électrique où de nombreuses commandes deviennent lisses et peu différenciées.
La cabine mise aussi sur les matériaux et l’assemblage, avec un soin annoncé sur les montants, les seuils et les charnières. Le défi consiste à faire accepter un modèle très numérique sans perdre le sentiment d’objet travaillé à la main. Dans cette gamme de prix, autour de 500 000 livres avant options selon les premières estimations britanniques, la qualité perçue compte autant que l’accélération.
Les 88 Ferrari Luce vendues en Chine interrogent l’offre
Le premier indicateur commercial notable vient de Chine. Selon CarNewsChina, 88 exemplaires de la Ferrari Luce proposés sur ce marché ont été vendus immédiatement, avec un prix local indiqué à 586 600 dollars. Le volume reste limité, mais le symbole est fort pour une marque longtemps associée à la mécanique thermique italienne.
La Chine occupe une place particulière dans l’électrification automobile. Les clients fortunés y sont exposés depuis plusieurs années à des berlines et SUV électriques très performants, souvent dotés d’interfaces avancées et de fonctions de confort poussées. Pour Ferrari, ce contexte peut réduire la résistance psychologique face à un modèle sans moteur à combustion.
La rareté joue aussi un rôle. Un contingent de 88 voitures n’indique pas, à lui seul, la profondeur de la demande mondiale. Il révèle néanmoins que le blason Ferrari conserve un pouvoir d’attraction lorsqu’il est appliqué à une proposition électrique. La Luce arrive au sommet de la gamme, aux côtés des modèles thermiques et hybrides, sans discours de remplacement immédiat.
Le succès durable dépendra de plusieurs paramètres, dont les délais de livraison, la disponibilité des options, la tenue de l’autonomie à haute vitesse et la réaction des clients historiques. Ferrari avance prudemment sur un terrain sensible, car une partie de sa valeur repose sur la continuité. Les prochaines allocations diront si la demande électrique dépasse les collectionneurs les plus rapides et touche une clientèle plus large, attirée par une Ferrari familiale, silencieuse en ville et capable de performances extrêmes sur route ouverte.
Questions fréquentes
- La Ferrari Luce remplace-t-elle les modèles thermiques de la marque ?
- Non. Ferrari présente la Luce comme un modèle ajouté à la gamme, aux côtés des voitures thermiques et hybrides. La marque maintient une stratégie de neutralité technologique.
- Quelles sont les principales performances annoncées pour la Ferrari Luce ?
- La Luce revendique 1 050 ch, un 0 à 62 mph en 2,5 secondes, une vitesse maximale d’environ 193 mph et une autonomie annoncée jusqu’à 330 miles.
- Pourquoi le format cinq-places est-il important pour Ferrari ?
- Il élargit l’usage possible d’une Ferrari. La Luce devient le premier modèle de la marque capable d’accueillir cinq occupants, avec une architecture électrique pensée pour l’espace et la rigidité.
Sources
- Ferrari Luce First Look Review 2026: Ferrari's First Fully Electric Car Revealed | DriverReviews
- Ferrari's First EV: The LUCE | Exclusive First Look Review 2026
- It’s finally here: meet the Ferrari Luce, Maranello’s first ever fully electric car | Top Gear
- Ferrari Luce – Wikipedia
- FIRST LOOK at the Ferrari Luce – the first electric Ferrari looks NOTHING like any other Ferrari…




