Le marché français de l’électricité connaît ce mercredi 29 juillet 2026 un écart horaire spectaculaire, avec un prix de gros tombé à 0,00 €/MWh à 13h et un sommet annoncé à 220 €/MWh à 20h, selon les données publiées par Selectra. La moyenne quotidienne atteint 114 €/MWh, en hausse de 8,4 % par rapport à mardi. Pour les ménages, l’intérêt dépend surtout du contrat souscrit, car le prix spot ne se répercute pas directement sur toutes les factures.
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EPEX France affiche 0 €/MWh à 13h ce mercredi
Le signal du jour vient du marché spot day-ahead français, où producteurs et fournisseurs échangent l’électricité livrable heure par heure. Selon les données reprises par Selectra, le prix descend à 0,00 €/MWh à 13h, un niveau rarissime pour une journée dont la moyenne reste élevée. Ce point bas intervient au milieu de la journée, au moment où la demande résidentielle est modérée et où la production solaire pèse fortement sur l’équilibre du système.
La séquence est très concentrée. À 12h, le prix ressort à 1,53 €/MWh, puis tombe à zéro à 13h, avant de remonter faiblement à 3,05 €/MWh à 14h et 3,58 €/MWh à 15h. La période la plus favorable s’étend donc de midi à 16h, avec une fenêtre dite éco de trois heures entre 12h et 15h. Pour un acteur exposé au marché, ce type de signal encourage le déplacement des consommations flexibles vers le cœur de journée.
La moyenne annoncée à 114 €/MWh rappelle pourtant que la journée n’est pas bon marché dans son ensemble. Selectra classe ce mercredi comme une journée chère, au 23e rang des jours les moins chers sur 31. Le contraste tient à la forme de la courbe, très basse autour du déjeuner, puis beaucoup plus tendue en soirée. Cette volatilité est devenue plus visible avec la montée des productions renouvelables variables.
Le prix spot mentionné correspond au marché EPEX, hors taxes et hors coûts d’acheminement. Il ne représente ni le prix réglementé payé directement par un foyer classique, ni le coût complet du kilowattheure sur une facture. Il sert en revanche de référence pour certaines offres indexées ou dynamiques, et donne une indication utile sur les moments où le système électrique dispose d’une marge plus confortable.

Le créneau 12h-16h concentre les usages programmables
Pour les clients dont le contrat valorise les variations horaires, le créneau 12h et 16h constitue la période la plus intéressante de la journée. Les appareils à démarrage différé peuvent y être concentrés sans modifier fortement le confort du foyer. Lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge ou cycle de recharge d’une batterie domestique figurent parmi les usages les plus simples à déplacer, à condition de respecter les consignes de sécurité des fabricants.
La recharge d’un véhicule électrique illustre bien l’intérêt du signal spot. Un automobiliste qui dispose d’une borne pilotable peut programmer une partie de la charge entre midi et le milieu d’après-midi, plutôt qu’en début de soirée. Sur une batterie demandant plusieurs dizaines de kilowattheures, l’écart de prix de gros entre le creux de 13h et le pic de 20h donne un signal économique net. La facture réelle dépend malgré tout du contrat, des taxes, du réseau et de la marge du fournisseur.
Le chauffe-eau représente un autre levier, mais son pilotage reste souvent lié aux heures creuses définies localement par le gestionnaire de réseau. Certains équipements récents, associés à une application ou à un module de pilotage, permettent de déplacer ponctuellement une chauffe. Cette pratique peut être pertinente lorsque le foyer dispose d’une offre dynamique ou d’un système d’autoconsommation solaire. Pour un client au tarif standard, le gain direct d’une telle journée reste limité.
La domotique facilite ce type d’adaptation, surtout dans les logements équipés de prises connectées, de bornes de recharge communicantes ou de thermostats programmables. Le point de vigilance concerne la simultanéité des appareils. Concentrer trop d’usages puissants sur une même plage peut entraîner un dépassement de puissance souscrite et une coupure du compteur. L’approche la plus rationnelle consiste à étaler les cycles entre 12h et 16h, plutôt que tout lancer à 13h.

Le pic de 20h atteint 220 €/MWh sur EPEX
La même journée présente une tension marquée en soirée, avec un point haut à 220 €/MWh à 20h. Cette heure correspond à une reprise de la consommation domestique, liée au retour au domicile, à la préparation des repas, à l’eau chaude et aux usages numériques. Dans le même temps, la production solaire diminue rapidement. L’équilibre du réseau dépend alors davantage d’autres moyens de production, parfois plus coûteux à mobiliser.
Le contraste avec mardi 28 juillet souligne la persistance de cette forme de courbe. La veille, Selectra relevait des prix nuls ou négatifs à plusieurs heures de la matinée et du début d’après-midi, avec un creux à -0,01 €/MWh et un pic à 210 €/MWh à 21h. Ce mercredi, le creux est un peu moins long, tandis que le sommet se décale à 20h et grimpe encore. La moyenne du jour progresse de 8,4 % par rapport à mardi, qui était déjà à 105 €/MWh.
Ces variations s’expliquent par la mécanique du réseau électrique, qui doit équilibrer production et consommation à chaque instant. Quand l’offre dépasse la demande, le prix de gros peut se rapprocher de zéro, voire passer en territoire négatif. Quand la demande remonte et que certaines productions renouvelables se retirent, les moyens pilotables fixent plus souvent le prix. Les ménages voient rarement cette mécanique en temps réel, sauf lorsqu’ils disposent d’une offre conçue pour suivre le marché.
Pour les usages non urgents, la période 18h-21h mérite donc une attention particulière ce mercredi. Reporter un cycle de lave-vaisselle, limiter la recharge d’un véhicule ou éviter le fonctionnement simultané d’appareils très consommateurs contribue à réduire l’exposition aux heures les plus chères. Cette recommandation vaut surtout pour les contrats sensibles au prix horaire, mais elle correspond aussi aux besoins du système, car les pointes de soirée restent un sujet central pour les opérateurs.
Tarif réglementé et offres dynamiques répondent différemment
Le prix de gros à zéro ne signifie pas une électricité gratuite pour la majorité des foyers. En juillet 2026, le Tarif Réglementé de Vente mentionné par Engie affiche un prix du kilowattheure de 0,1940 € en option base, 0,2065 € en heures pleines et 0,1579 € en heures creuses. Ces niveaux intègrent une logique tarifaire beaucoup plus stable que celle du marché spot horaire.
Dans une offre classique, le consommateur paie un prix défini par son contrat, auquel s’ajoutent les coûts d’acheminement, les taxes et l’abonnement. Le fait que le marché tombe à zéro pendant une heure ne suffit donc pas à faire baisser immédiatement la facture. Le fournisseur achète son énergie selon une combinaison de contrats à terme, d’achats spot et de mécanismes de couverture. Cette construction limite les variations brutales pour le client final.
Les offres dynamiques, en revanche, répercutent davantage les variations du marché. Elles peuvent rendre attractif un déplacement de consommation lors des heures très basses, mais exposent aussi aux périodes de prix élevés, comme le pic de 20h. Ce type de contrat s’adresse surtout aux ménages capables de piloter leurs usages, équipés d’un compteur communicant et prêts à suivre les prix avec régularité. Sans cette discipline, l’avantage peut se réduire rapidement.
La lecture correcte de la journée impose donc de distinguer le signal de marché et le prix payé. Les taxes et abonnement restent dus, même lorsque le mégawattheure de gros vaut zéro. Le profil du jeudi sera publié vers 14h, après la clôture de l’enchère européenne. Les foyers intéressés par ces écarts horaires ont intérêt à vérifier les conditions précises de leur contrat avant de modifier leurs habitudes, car deux clients consommant au même moment peuvent obtenir des effets très différents sur leur facture.
Questions fréquentes
- L'électricité est-elle vraiment gratuite à 13h ce mercredi 29 juillet 2026 ?
- Non pour la plupart des particuliers. Le prix de gros atteint 0,00 €/MWh à 13h, mais la facture inclut le contrat du fournisseur, l’acheminement, les taxes et l’abonnement. L’effet direct concerne surtout les offres dynamiques.
- Quels appareils faut-il programmer entre 12h et 16h ?
- Les usages différables sont les plus adaptés : lave-linge, lave-vaisselle, recharge de véhicule électrique, chauffe-eau pilotable ou batterie domestique. Il faut éviter de tout lancer au même moment pour ne pas dépasser la puissance du compteur.
- Pourquoi le prix grimpe-t-il à 220 €/MWh à 20h ?
- La demande résidentielle augmente en soirée, tandis que la production solaire recule. Le système doit mobiliser d’autres moyens de production, souvent plus coûteux, ce qui tire le prix spot vers le haut.
Sources
- Prix de l'électricité proche de zéro ce mercredi 29 juillet : les heures exactes pour en profiter
- Prix de l'électricité proche de zéro ce mercredi 22 juillet : les heures exactes pour en profiter
- Prix de l'électricité négatif ce mardi 28 juillet : les heures exactes où l'électricité est gratuite
- Prix de l’électricité en juillet 2026 : où en est-on ? I ENGIE
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