La Tunisie traverse depuis le 12 juillet une séquence de coupures d’électricité qui a touché plusieurs régions du pays et placé la question énergétique au centre du débat public. Selon les éléments rapportés par Inkyfada, la STEG applique des interruptions pour éviter une surcharge du réseau, dans un contexte de forte demande, de tensions techniques et d’inquiétude sociale. Dans la nuit du 14 au 15 juillet, des millions de foyers se sont retrouvés sans courant, avec des conséquences immédiates dans les logements, les commerces, les hôpitaux et les transports urbains.
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La STEG déclenche des coupures depuis le 12 juillet
Les premières interruptions signalées à partir du 12 juillet ont pris la forme de coupures successives, parfois brèves, parfois prolongées selon les quartiers et les gouvernorats. La société tunisienne de l’électricité et du gaz, connue sous le nom de STEG, a recours à ce type de délestage lorsque l’équilibre entre production disponible et consommation instantanée devient trop fragile. Cette pratique vise à protéger les équipements et à éviter un effondrement plus large du système électrique.
Le mécanisme est connu des opérateurs de réseau, mais il reste mal vécu par les usagers lorsqu’il survient sans calendrier précis. Dans plusieurs villes, des habitants ont rapporté des coupures en soirée, au moment où les climatiseurs, réfrigérateurs, chauffe-eau et équipements numériques fonctionnent simultanément. Cette concentration de la demande pèse sur des infrastructures déjà sollicitées par l’urbanisation rapide et la hausse de l’équipement domestique.
La crise ne se limite pas à un incident isolé. Elle révèle la fragilité d’un système confronté à une consommation élevée, à des marges de réserve réduites et à des attentes sociales fortes. Les ménages supportent directement les conséquences, mais les petites entreprises sont aussi exposées. Un atelier privé de courant pendant deux heures perd une partie de sa production, tandis qu’une supérette doit surveiller ses produits frais pour éviter des pertes coûteuses.
Le rôle de la régulation du réseau devient central dans cette période. Quand l’offre d’électricité ne couvre plus la demande, l’opérateur doit choisir entre des coupures localisées ou le risque d’une panne plus vaste. Ce choix technique, souvent présenté comme temporaire, devient politique lorsque les interruptions se répètent. La transparence sur les horaires, les zones concernées et les raisons exactes des délestages conditionne la confiance du public.
La nuit du 14 au 15 juillet touche des millions
La séquence la plus marquante est survenue dans la nuit du 14 au 15 juillet, lorsque des millions de foyers se sont retrouvés sans électricité. Cette coupure nocturne a amplifié le sentiment de vulnérabilité, car elle est intervenue à un moment où les familles dépendent du courant pour la ventilation, la conservation alimentaire, l’éclairage et la sécurité des immeubles. Dans les quartiers denses, l’obscurité soudaine a perturbé les déplacements et les communications.
Les services de secours ont été sollicités pour dégager des habitants bloqués dans des ascenseurs. Ce type d’intervention illustre la dimension concrète d’une panne électrique massive. Une interruption ne signifie pas seulement une lampe éteinte. Elle immobilise des personnes âgées dans des étages élevés, bloque des portes automatiques, interrompt des dispositifs médicaux à domicile et complique le travail des gardiens d’immeubles. Les pompiers deviennent alors des acteurs de première ligne d’une crise énergétique.
Les foyers équipés de batteries, de groupes électrogènes ou d’onduleurs ont mieux résisté, mais ces solutions restent coûteuses. La majorité des ménages subit la coupure sans alternative. Dans certains logements, les réfrigérateurs arrêtés pendant plusieurs heures fragilisent la chaîne du froid. Les familles doivent ensuite vérifier les produits laitiers, les viandes et les médicaments sensibles à la température. Le coût invisible de la panne se mesure dans ces pertes domestiques dispersées.
La nuit du 14 au 15 juillet a aussi montré l’importance des communications publiques. Lorsque les habitants ignorent la durée probable d’une coupure, ils sollicitent davantage les proches, les réseaux sociaux et les services d’urgence. Cette incertitude multiplie les rumeurs et complique la coordination. Pour une crise de cette ampleur, un canal d’information fiable, mis à jour rapidement par la STEG ou les autorités, devient presque aussi important que la remise sous tension.
La chaleur explique une partie de la demande électrique
Les vagues de chaleur enregistrées ces dernières semaines ont renforcé la consommation d’électricité, surtout dans les zones urbaines où la climatisation occupe une place croissante. Quand les températures restent élevées pendant la soirée, la demande ne retombe pas aussi vite qu’en période normale. Les climatiseurs continuent de fonctionner dans les logements, les commerces et les administrations, créant un pic prolongé que le réseau doit absorber sans rupture.
Cette explication ne suffit pas à résumer la crise. Des analyses citées dans le débat tunisien rappellent que la chaleur accentue la tension, mais ne constitue pas toujours la cause unique des coupures. Le niveau de disponibilité des centrales, l’état des lignes de transport, les capacités d’importation et la gestion des réserves pèsent aussi sur le résultat. La chaleur agit comme un révélateur des fragilités accumulées.
Le changement climatique augmente la fréquence des épisodes extrêmes dans toute la Méditerranée. Pour la Tunisie, cela signifie une pression plus forte sur l’eau, l’agriculture et l’électricité. Un été plus chaud entraîne davantage de climatisation, donc plus de consommation, puis plus de contraintes sur les équipements de production. Cette boucle met les opérateurs devant une équation difficile, fournir davantage d’énergie au moment même où les infrastructures subissent des conditions plus sévères.
La question du pic de consommation devient stratégique. Dans plusieurs pays, les autorités encouragent le décalage de certains usages, la rénovation thermique des bâtiments et les appareils moins énergivores. En Tunisie, ces leviers existent mais demandent du temps, des financements et une application suivie. Une campagne de sobriété limitée à quelques jours ne suffit pas si les logements restent mal isolés et si les ménages n’ont pas accès à des équipements performants.
Les commerces et services publics évaluent les pertes
Les coupures répétées touchent directement l’activité économique. Les cafés, restaurants, boulangeries, pharmacies, ateliers et épiceries dépendent d’une alimentation stable pour travailler. Une panne en pleine journée arrête les terminaux de paiement, les chambres froides, les machines de production et les systèmes de sécurité. Pour un petit commerce, deux heures sans courant peuvent représenter une perte de chiffre d’affaires, mais aussi des produits à jeter.
Le secteur alimentaire apparaît particulièrement exposé. Les réfrigérateurs et congélateurs supportent mal les interruptions longues, surtout pendant une période chaude. Les commerçants doivent arbitrer entre vendre rapidement les produits sensibles, renforcer la glace ou assumer la perte. Les grandes surfaces disposent parfois de groupes électrogènes, mais les petits points de vente n’ont pas tous cette capacité. La crise accentue donc les écarts entre acteurs économiques.
Les services publics subissent aussi cette contrainte. Les établissements de santé, les administrations locales, les stations de pompage et les réseaux de télécommunication doivent maintenir des services essentiels. Les hôpitaux disposent de dispositifs de secours, mais chaque bascule vers une source alternative crée une tension technique et budgétaire. Dans les communes, une coupure peut aussi perturber l’éclairage public, la circulation et certains services numériques utilisés par les citoyens.
Les pertes restent difficiles à chiffrer à l’échelle nationale, faute de bilan consolidé. Les témoignages locaux donnent une image fragmentée, mais ils convergent sur un point, l’électricité n’est plus seulement un service de confort. Elle conditionne l’activité quotidienne, la sécurité et la continuité administrative. La crise énergétique oblige les pouvoirs publics à traiter le réseau comme une infrastructure sociale autant qu’industrielle.
Inkyfada replace la crise dans les chiffres publics
Le travail d’Inkyfada apporte un angle utile en mettant la crise électrique en chiffres. Dans un contexte marqué par les annonces fragmentaires et les réactions immédiates, la donnée permet de replacer les coupures dans une trajectoire plus large. Nombre de foyers concernés, dates des interruptions, rôle de la STEG, épisodes de forte chaleur et interventions des secours composent une chronologie qui aide à comprendre l’ampleur du phénomène.
La question énergétique tunisienne dépasse l’incident de juillet. Elle renvoie aux investissements, à la maintenance, à la diversification du mix électrique et à la capacité de l’État à anticiper les pointes de consommation. Le gaz naturel conserve une place majeure dans la production, ce qui expose le pays aux prix internationaux et aux contraintes d’approvisionnement. Les énergies renouvelables progressent, mais leur contribution reste insuffisante pour absorber seule les pics estivaux.
La publication de données fiables est donc un enjeu démocratique. Sans chiffres précis, il devient difficile de distinguer une panne accidentelle, un délestage préventif et une crise structurelle. Les citoyens ont besoin de savoir quelles régions sont concernées, pendant combien de temps, pour quelles raisons et avec quelles mesures correctives. Les entreprises réclament la même visibilité pour organiser leurs horaires, protéger leurs stocks et limiter les pertes.
À court terme, la priorité reste la stabilité de l’alimentation électrique. À moyen terme, le débat porte sur l’efficacité du réseau, la réduction des gaspillages, la planification des capacités et l’adaptation au climat. La crise de juillet montre que la Tunisie doit articuler réponse d’urgence et stratégie énergétique, car les prochains pics de chaleur testeront de nouveau la résistance du système.
Questions fréquentes
- Pourquoi la STEG coupe-t-elle l’électricité dans certaines zones ?
- La STEG applique des délestages lorsque la demande menace de dépasser les capacités disponibles du réseau. Ces coupures localisées servent à éviter une panne générale plus difficile à maîtriser.
- La chaleur est-elle la seule cause de la crise électrique en Tunisie ?
- La chaleur augmente fortement la consommation, surtout avec la climatisation. Néanmoins, l’état du réseau, les capacités de production, la maintenance et les marges de réserve jouent aussi un rôle dans les coupures.
- Quels secteurs sont les plus touchés par les coupures ?
- Les ménages, les commerces alimentaires, les restaurants, les ateliers et certains services publics sont particulièrement exposés. Les interruptions perturbent la conservation des produits, les paiements, les ascenseurs et plusieurs équipements essentiels.



