Le Vietnam prépare une conférence scientifique internationale consacrée à la conception des programmes de formation face à trois transformations majeures, la numérisation des enseignements, l’essor de l’intelligence artificielle et l’intégration internationale. Le thème diffusé par Vietnam. vn, Concevoir et développer des programmes de formation pour répondre aux exigences de la transformation numérique, de l’intelligence artificielle et de l’intégration internationale, place l’enseignement supérieur et la formation professionnelle au centre d’un débat devenu stratégique en 2026.
Cette initiative intervient dans un calendrier dense pour le pays. Le 19 septembre 2026, l’Université métropolitaine de Hanoï a accueilli AI4EDU 2026, rencontre nationale dédiée à l’IA et à l’éducation générale. Deux jours plus tard, la question n’est plus seulement de tester des outils numériques en classe, mais d’adapter les cursus, les référentiels et les méthodes d’évaluation à une économie où les compétences évoluent plus vite que les diplômes traditionnels.
Sommaire
Vietnam. vn annonce une conférence sur les cursus face à l’IA
L’annonce publiée par Vietnam. vn met en avant un objectif précis, repenser les formations avant que le décalage avec les besoins économiques ne se creuse davantage. Le sujet n’est pas limité aux filières informatiques. Il concerne aussi la pédagogie, la gestion, l’ingénierie, les sciences sociales, la santé, le tourisme et les métiers industriels, tous exposés à l’automatisation partielle des tâches et à l’usage quotidien de plateformes numériques.
Le choix des mots du thème renseigne sur l’angle retenu. Il ne s’agit pas uniquement d’ajouter quelques modules techniques dans des cursus existants, mais de concevoir et développer des programmes complets. Cette formulation suppose un travail sur les objectifs pédagogiques, les compétences attendues, la place des stages, la certification et la formation continue des enseignants. Dans les universités vietnamiennes, cette approche rejoint une demande croissante des entreprises pour des profils capables d’utiliser des données, de collaborer à distance et d’évaluer les risques liés aux systèmes algorithmiques.
La référence à la transformation numérique élargit le débat au-delà des logiciels d’IA générative. Elle recouvre les plateformes d’apprentissage, les bibliothèques en ligne, les outils de suivi des acquis, les laboratoires virtuels et la gestion administrative des établissements. Pour les responsables académiques, la difficulté consiste à éviter une modernisation de façade, où l’équipement progresse plus vite que la qualité pédagogique. Les conférences scientifiques servent précisément à confronter les expérimentations, les limites observées et les méthodes reproductibles.
Le troisième axe, l’intégration internationale, renvoie aux standards de mobilité étudiante, aux diplômes conjoints et à la reconnaissance des compétences entre pays. Le Vietnam cherche à consolider sa place dans les chaînes régionales de valeur, notamment avec l’ASEAN, la Chine, la Corée du Sud, le Japon et l’Union européenne. Dans ce contexte, un cursus national doit préparer les étudiants à travailler dans des environnements multilingues, multiculturels et fortement numérisés, sans perdre de vue les besoins locaux.

AI4EDU 2026 fixe un précédent à Hanoï
La conférence AI4EDU 2026, organisée le 19 septembre à l’Université métropolitaine de Hanoï, donne un repère concret à la future rencontre internationale. Son thème, Intelligence artificielle et éducation générale: action et transformation, posait une question opérationnelle, comment intégrer l’IA dans les établissements scolaires de manière scientifique, sûre et humaine. Cette formulation rejoint directement les préoccupations de l’enseignement supérieur, car les étudiants arrivant à l’université auront déjà rencontré des outils automatisés dès le secondaire.
La table ronde centrale a réuni plusieurs profils institutionnels. Le professeur Nguyen Thanh Thuy, président de la FISU Vietnam, le professeur agrégé Nguyen Anh Tuan, directeur adjoint du Département des sciences et technologies de Hanoï, et le professeur Le Anh Vinh, directeur de l’Institut de stratégie et de politique éducatives du ministère de l’Éducation et de la Formation, ont participé aux échanges. Cette composition montre que le sujet dépasse les seuls départements d’informatique. Il associe la recherche, l’administration territoriale, la politique éducative et les responsables d’établissements.
Le rôle de l’Université métropolitaine de Hanoï est également révélateur. L’établissement s’inscrit dans un réseau comprenant la FISU Vietnam, l’Université de technologie de l’Université nationale du Vietnam à Hanoï et l’Académie de police populaire. Le soutien du Comité populaire de Hanoï et la participation des départements municipaux de l’éducation et des sciences donnent à ces débats une portée institutionnelle. Les solutions discutées peuvent alimenter des décisions sur la formation des enseignants, les plateformes utilisées et les règles de protection des données.
Pour la conférence internationale annoncée, cette expérience fournit une base utile. Les organisateurs pourront s’appuyer sur les premiers retours du terrain, notamment sur l’écart entre les ambitions des outils d’IA et les conditions réelles d’usage dans les classes. Les établissements ne disposent pas tous du même accès aux infrastructures, aux connexions stables ou aux ressources en vietnamien. La réussite d’un programme de formation dépend donc autant des contenus scientifiques que des moyens matériels et humains disponibles dans les écoles et les universités.

Trois niveaux de compétences structurent les nouveaux programmes
Les documents récents liés à la formation au Vietnam insistent sur la notion de référentiel. Plusieurs programmes s’organisent autour de trois niveaux de compétences, un premier niveau consacré aux connaissances de base, un deuxième tourné vers l’application pratique, puis un troisième centré sur l’analyse, l’innovation et la résolution de problèmes complexes. Cette gradation répond à un besoin simple, rendre lisibles les acquis des apprenants pour les enseignants, les employeurs et les partenaires étrangers.
Dans le champ de l’intelligence artificielle, cette architecture peut éviter deux erreurs fréquentes. La première consiste à former uniquement des utilisateurs d’outils, sans compréhension des biais, des limites statistiques ou de la sécurité des données. La seconde consiste à réserver l’IA aux spécialistes, au risque de laisser les futurs enseignants, juristes, médecins ou cadres administratifs sans culture numérique suffisante. Un programme équilibré doit combiner la compréhension des principes, la pratique encadrée et l’évaluation critique des résultats produits par les machines.
La conception des programmes de formation impose aussi de revoir les modes d’évaluation. Les examens fondés uniquement sur la restitution de connaissances deviennent fragiles lorsque les étudiants peuvent générer un texte, un code informatique ou une synthèse en quelques secondes. Les établissements sont poussés à privilégier des projets suivis dans la durée, des soutenances orales, des études de cas contextualisées et des travaux collaboratifs. Cette évolution demande plus de temps aux enseignants, mais elle permet de mesurer la capacité à argumenter, vérifier des sources et justifier une démarche.
Les entreprises vietnamiennes, notamment dans les services numériques, l’industrie manufacturière et la logistique, attendent des diplômés qu’ils sachent apprendre en continu. La compétence ne se limite plus à l’obtention d’un diplôme. Elle inclut la maîtrise d’outils actualisés, l’adaptation à des normes internationales et la capacité à travailler avec des équipes situées dans plusieurs pays. Pour les universités, l’enjeu consiste à intégrer cette agilité sans transformer les cursus en catalogue mouvant de technologies éphémères.
WAICO et la loi vietnamienne encadrent l’usage de l’IA
La dimension internationale de la conférence annoncée s’inscrit dans une politique plus large. En 2026, le Vietnam affiche sa volonté de participer à la gouvernance mondiale de l’IA. Le vice-ministre des Sciences et des Technologies, Hoàng Minh, a rappelé lors d’un événement consacré à la coopération avec la Chine et l’ASEAN que la gouvernance efficace de l’intelligence artificielle constitue un socle pour une innovation durable au service des citoyens et des entreprises.
Le pays a renforcé son cadre avec une loi sur l’IA et une stratégie nationale visant l’horizon 2030, avec une vision prolongée jusqu’en 2045. Ces repères donnent aux universités un cadre de référence. Former à l’IA ne peut plus se réduire à l’apprentissage d’outils performants. Les cursus doivent intégrer la protection des données personnelles, la transparence des modèles, la sécurité, la responsabilité juridique et l’impact social des décisions automatisées. Ces sujets concernent les futurs ingénieurs, mais aussi les enseignants, les responsables publics et les cadres d’entreprise.
En juillet 2026, le Vietnam a signé l’accord portant création de WAICO, l’Organisation de coopération mondiale sur l’intelligence artificielle. Cette participation traduit une volonté de s’inscrire dans des mécanismes multilatéraux plutôt que de subir des normes élaborées ailleurs. Pour les établissements de formation, l’effet peut être concret, multiplication des projets conjoints, échanges d’experts, comparaison des référentiels et accès à des réseaux de recherche sur une IA sûre, pacifique et inclusive.
La conférence scientifique internationale peut devenir un lieu de mise en cohérence entre ces ambitions politiques et les pratiques pédagogiques. Les débats attendus devraient porter sur la manière de former rapidement sans abaisser les exigences, d’ouvrir les cursus à l’international sans uniformiser les contenus, et d’utiliser l’IA sans fragiliser la confiance entre enseignants et apprenants. Les établissements vietnamiens disposent d’un atout, une forte demande sociale de formation, mais ils devront composer avec la pénurie d’experts, les coûts d’équipement et la nécessité de produire des ressources adaptées à la langue et aux réalités du pays.
Questions fréquentes
- Quel est le thème de la conférence scientifique internationale de 2026 au Vietnam ?
- Le thème porte sur la conception et le développement de programmes de formation capables de répondre aux exigences de la transformation numérique, de l’intelligence artificielle et de l’intégration internationale.
- Pourquoi AI4EDU 2026 est-il lié à cette conférence internationale ?
- AI4EDU 2026 a réuni à Hanoï des responsables universitaires, scientifiques et institutionnels autour de l’usage de l’IA dans l’éducation générale. Ses échanges offrent un point de comparaison utile pour les cursus universitaires et professionnels.
- Quels changements les universités vietnamiennes doivent-elles envisager ?
- Elles doivent revoir les contenus, les méthodes d’évaluation, la formation des enseignants et la place des compétences numériques, tout en intégrant l’éthique, la protection des données et les standards internationaux.
Sources
- Préparez-vous pour la Conférence scientifique …
- Conférence AI4EDU 2026 sur l'intelligence artificielle et l'éducation générale : action et transformation
- AICAS 2026 : Des scientifiques internationaux discutent …
- Conférence de formation 2026 : Innovation de contenu
- Le Vietnam s'engage avec la Chine et l'ASEAN pour un avenir de l'IA sûr et responsable




