Ferrari accélère sur son premier modèle 100 % électrique, provisoirement connu sous le nom d’Elettrica. Les informations disponibles évoquent une supercar de plus de 1 000 chevaux, dotée de quatre moteurs et développée avec une attention particulière portée aux usages déjà popularisés par Tesla. Pour Maranello, l’enjeu dépasse la fiche technique. Le constructeur italien doit préserver son statut dans le très haut de gamme tout en entrant dans une catégorie où la performance ne se mesure plus seulement au bruit du moteur, mais à la gestion logicielle, à l’efficience énergétique et à la rapidité de réponse.
Sommaire
Ferrari Elettrica vise plus de 1 000 chevaux
La future Ferrari Elettrica doit marquer une étape majeure pour le constructeur de Maranello. Selon les éléments relayés par la presse spécialisée, le modèle devrait dépasser les 1 000 chevaux, un seuil symbolique dans l’univers des supercars électriques. Cette puissance placerait d’emblée la voiture dans la même zone de performance que les références les plus rapides du marché, tout en permettant à Ferrari de revendiquer une approche propre à son histoire sportive.
Le nom définitif du modèle n’a pas été annoncé. L’appellation Elettrica sert pour l’instant de repère dans la communication autour du projet. Le lancement est attendu en 2026, année charnière pour une marque longtemps associée au moteur thermique à haut régime. Ferrari ne part pas d’une feuille blanche sur l’électrification, puisque ses modèles hybrides rechargeables ont déjà familiarisé ses ingénieurs avec les batteries, les moteurs électriques et les systèmes de récupération d’énergie.
La différence tient ici à l’absence totale de moteur thermique. Une Ferrari 100 % électrique impose de revoir la définition même du plaisir de conduite maison. Le constructeur doit travailler sur le poids, la répartition des masses, le freinage régénératif et la sensation à l’accélérateur. Dans une voiture de cette catégorie, chaque paramètre influe sur la perception du conducteur, du dosage de la puissance à la manière dont le châssis absorbe les transferts de charge.
Cette orientation confirme la pression qui s’exerce sur les marques de prestige. Même si la réglementation européenne fait l’objet d’ajustements et de débats, le mouvement vers l’électrification reste engagé. Pour Maranello, l’Elettrica doit prouver qu’une Ferrari sans V8 ni V12 peut conserver un caractère distinct, avec une réponse instantanée et une mise au point assez fine pour ne pas se limiter à un record d’accélération.
Quatre moteurs pour rivaliser avec Tesla et Porsche
Le choix technique le plus commenté concerne la présence annoncée de quatre moteurs, soit un par roue. Cette architecture ouvre des possibilités avancées en matière de gestion de la motricité. Elle permet d’adapter la puissance envoyée à chaque roue en temps réel, avec un niveau de précision supérieur à celui d’une transmission classique. Pour une supercar, ce dispositif peut améliorer la stabilité à haute vitesse, la sortie de virage et la capacité à exploiter une puissance très élevée.
Ferrari observe un marché déjà occupé par des modèles capables d’accélérations spectaculaires. La Tesla Model S Plaid a imposé une nouvelle grille de lecture avec ses performances en ligne droite et sa capacité à rendre la puissance électrique accessible dans une berline familiale. La Porsche Taycan, de son côté, a mis l’accent sur l’endurance, le freinage et la répétition des accélérations, domaines essentiels pour convaincre les conducteurs attachés à la conduite sportive.
L’intérêt de Ferrari pour ces références n’a rien d’anodin. Des prototypes et véhicules concurrents servent souvent de bases d’analyse lors du développement d’un nouveau modèle. Tester une Tesla ou une Porsche ne signifie pas copier leur philosophie, mais comprendre leurs points forts et leurs limites. Dans le cas d’une Ferrari électrique, les ingénieurs doivent évaluer la réponse des moteurs, la constance des performances, la gestion thermique et le comportement de la batterie après plusieurs sollicitations intenses.
Le couple vectoriel représente un levier central. En modulant la force appliquée sur chaque roue, la voiture peut pivoter plus précisément en entrée de courbe et réduire les pertes d’adhérence en sortie. Cette technologie correspond bien à l’ADN de Ferrari, habitué à transformer la mécanique en outil de précision. Le défi consiste à rendre cette intervention perceptible sans donner au conducteur l’impression que l’électronique remplace son pilotage.
Maranello reprend des codes industriels popularisés par Tesla
Le parallèle avec Tesla ne se limite pas à la puissance. Le constructeur américain a installé une autre manière de concevoir l’automobile électrique, fondée sur l’intégration de la batterie, des moteurs, du logiciel et de l’interface utilisateur. Ferrari ne peut ignorer ce modèle industriel, même si ses volumes, ses prix et sa clientèle relèvent d’un univers très différent. L’Elettrica arrive dans un marché où la performance brute doit être accompagnée par une expérience numérique cohérente.
Le logiciel embarqué devient un élément de différenciation. Il gère la motricité, la récupération d’énergie, les modes de conduite, l’affichage des données et parfois certaines fonctions de maintenance. Pour une marque comme Ferrari, cette couche logicielle doit rester au service de la conduite. Un conducteur de supercar attend des informations lisibles, des réactions immédiates et une personnalisation fine, sans surcharge visuelle ni automatisation excessive.
L’autre point observé chez Tesla tient à l’intégration verticale. En maîtrisant davantage de composants clés, un constructeur réduit sa dépendance aux fournisseurs et accélère ses cycles d’amélioration. Ferrari n’a pas vocation à devenir un acteur de masse, mais la logique reste pertinente pour les pièces sensibles, en particulier les moteurs, les onduleurs, la gestion thermique et les calibrations. Dans le très haut de gamme, la valeur perçue repose aussi sur la cohérence entre chaque sous-système.
Les mises à jour logicielles constituent un autre marqueur de l’ère électrique. Elles peuvent corriger des paramètres, affiner la gestion de l’énergie ou enrichir certaines fonctions après la livraison. Ferrari devra fixer une limite claire entre évolution technique et préservation de l’objet automobile. Ses clients achètent une machine de collection autant qu’un véhicule performant. Une voiture trop dépendante du logiciel risquerait de brouiller cette relation, tandis qu’un système bien maîtrisé peut renforcer la précision et la fiabilité.
L’électrification impose un équilibre financier à Ferrari
Ferrari a déjà présenté une feuille de route visant une part élevée de voitures électrifiées dans sa gamme à l’horizon 2030. Les hybrides occupent une place croissante, et l’Elettrica doit compléter ce mouvement avec une proposition sans moteur thermique. Pour le constructeur, l’équation reste délicate. Les coûts de développement d’une plateforme électrique performante sont élevés, tandis que les volumes de production demeurent volontairement limités afin de préserver la rareté de la marque.
Le marché surveille cette transition de près. La publication de nouveaux objectifs industriels et financiers peut peser sur l’action Ferrari, car les investisseurs évaluent la capacité du groupe à protéger ses marges. Les batteries, les moteurs et l’électronique de puissance nécessitent des investissements lourds. Dans le même temps, Ferrari bénéficie d’une clientèle capable d’accepter des prix très élevés si le produit conserve un niveau d’exclusivité et de performance conforme à l’image du cheval cabré.
La question réglementaire ajoute une contrainte supplémentaire. La réglementation européenne sur les émissions pousse les constructeurs vers des gammes moins carbonées, même si les modalités exactes évoluent au fil des discussions politiques et industrielles. Les marques de niche disposent parfois de calendriers adaptés, mais elles ne peuvent rester à l’écart du mouvement général. Ferrari doit donc investir dans l’électrique sans rompre brutalement avec les moteurs qui ont construit sa réputation.
L’Elettrica servira de test grandeur nature auprès des clients les plus fidèles. Certains accepteront l’absence de sonorité mécanique si la voiture propose une précision supérieure, des performances répétables et une mise en scène propre à Ferrari. D’autres continueront à privilégier les modèles thermiques ou hybrides tant qu’ils resteront disponibles. Maranello devra gérer cette cohabitation avec prudence, en laissant à chaque technologie un rôle identifiable dans la gamme.
Questions fréquentes
- Quand la Ferrari Elettrica doit-elle arriver ?
- Le premier modèle 100 % électrique de Ferrari est annoncé pour 2026. Le nom Elettrica reste une appellation de travail, le constructeur n’ayant pas encore communiqué le nom commercial définitif.
- Quelle puissance est attendue pour cette Ferrari électrique ?
- Les informations disponibles évoquent une puissance supérieure à 1 000 chevaux. Cette valeur placerait la voiture parmi les supercars électriques les plus performantes du marché.
- Pourquoi Ferrari s’inspire-t-il de Tesla ?
- Tesla a popularisé une approche centrée sur l’intégration des moteurs, de la batterie, du logiciel et des mises à jour. Ferrari peut reprendre certaines méthodes tout en conservant une mise au point orientée vers la conduite sportive.
Sources
- On en sait plus sur la prochaine voiture électrique de Ferrari : plus de 1 000 chevaux et 4 moteurs — Frandroid
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