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Certificats d’énergie renouvelable au Cambodge, marché encadré, ce que producteurs et exportateurs attendent encore

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Le Cambodge prépare un cadre réglementaire pour les certificats d’énergie renouvelable, un instrument encore peu visible du grand public mais suivi de près par les producteurs, les investisseurs et les entreprises exportatrices. Le ministère des Mines et de l’Énergie a réaffirmé sa volonté d’organiser ce marché, dans un pays où la hausse de la demande électrique impose de nouveaux financements. Le dossier intervient alors que le solaire progresse, que le réseau doit être renforcé et que les acheteurs internationaux réclament des preuves d’électricité bas carbone.

Le MME prépare un marché encadré des certificats verts

Le ministère des Mines et de l’Énergie, connu sous l’acronyme MME, souhaite poser les bases d’un marché des certificats d’énergie renouvelable au Cambodge. L’objectif consiste à créer un instrument reconnu, capable d’attester qu’une quantité donnée d’électricité a été produite à partir d’une source renouvelable. Dans les marchés déjà structurés, un certificat correspond le plus souvent à un volume d’électricité injecté ou consommé, avec une traçabilité numérique destinée à éviter les déclarations multiples.

Le futur dispositif devra préciser plusieurs points sensibles. Les autorités devront définir qui peut émettre les certificats d’énergie renouvelable, sous quelles conditions un producteur solaire ou hydroélectrique peut les vendre, et comment un acheteur peut les annuler après utilisation dans son reporting environnemental. Sans ces règles, le certificat reste une promesse commerciale difficile à vérifier, surtout pour des groupes soumis à des audits internationaux.

La mise en place d’un registre national apparaît comme l’une des pièces centrales du dossier. Ce registre devrait attribuer un identifiant unique à chaque certificat, enregistrer son propriétaire, puis consigner son annulation lorsque l’entreprise l’utilise pour déclarer une consommation d’électricité renouvelable. Ce point technique conditionne la crédibilité du système, car les marchés volontaires reposent largement sur la confiance documentaire.

Les producteurs cambodgiens y voient un levier de recettes complémentaires, mais le cadre devra rester compatible avec le modèle électrique national. Une centrale qui vend déjà son courant via un contrat d’achat de long terme ne peut pas toujours céder séparément les attributs environnementaux de cette production. La règle de propriété des certificats devra donc être clarifiée, entre exploitants privés, acheteurs d’électricité, distributeurs et autorités publiques.

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Réunion sur le cadre des certificats d’énergie renouvelable au Cambodge
Le futur dispositif devra préciser l’émission, le suivi et l’annulation des certificats. — Photo : Valentin Onu / Pexels

La Banque mondiale apporte 115 millions de dollars au réseau

Le débat sur les certificats intervient dans un contexte de besoins élevés pour les infrastructures électriques. La Banque mondiale a approuvé un financement de 115 millions de dollars destiné à renforcer l’accès à l’électricité au Cambodge. Ce soutien rappelle que le développement des renouvelables ne dépend pas uniquement des centrales, mais aussi des lignes, des postes de transformation, des compteurs et des outils de pilotage du système.

Les certificats peuvent améliorer l’attractivité économique de certains projets, mais ils ne remplacent pas les investissements lourds dans le réseau électrique. Une centrale solaire construite loin des zones de consommation doit pouvoir injecter sa production sans créer de congestion. Les heures de forte production doivent également être absorbées par le système, faute de quoi une partie de l’électricité peut être limitée ou perdue. Le cadre réglementaire devra donc s’articuler avec la planification du réseau.

Le Cambodge a connu une progression rapide de sa consommation électrique, portée par l’urbanisation, les usines, les services et l’équipement des ménages. Cette évolution met sous pression le modèle financier du secteur. Les tarifs doivent rester supportables pour les consommateurs, tandis que les opérateurs ont besoin de recettes suffisantes pour financer les extensions. Dans ce paysage, le financement privé devient un enjeu majeur, en particulier pour les projets solaires raccordés au réseau ou installés sur site industriel.

Un marché bien encadré peut attirer des capitaux supplémentaires, car il offre une source de revenu distincte de la vente d’électricité. Pour les banques, les fonds d’investissement ou les développeurs, cette prévisibilité compte. Un certificat dont la validité juridique est incertaine vaut peu dans un plan d’affaires. À l’inverse, un instrument reconnu, audité et compatible avec les standards internationaux peut réduire la perception du risque pays et faciliter la négociation de nouveaux projets.

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Réseau électrique cambodgien renforcé pour intégrer les énergies renouvelables
Le financement des réseaux reste indispensable pour accompagner la progression des renouvelables. — Photo : Sambok pen / Pexels

Le solaire cambodgien cherche une trajectoire après le boom industriel

Le solaire cambodgien occupe une place particulière dans cette discussion. Le pays a connu une ascension spectaculaire dans les exportations de panneaux, passant de volumes quasi inexistants en 2017 à plus de 2 milliards de dollars en 2023. Cette progression a illustré la capacité du Cambodge à capter une partie des chaînes industrielles régionales, mais elle a aussi montré la fragilité d’un modèle très dépendant des marchés extérieurs et des règles commerciales internationales.

Pour les autorités, la question consiste désormais à relier davantage cette dynamique industrielle aux besoins énergétiques du pays. Les projets solaires locaux peuvent contribuer à diversifier le mix, réduire la dépendance aux importations d’énergie et répondre aux attentes des industriels installés sur le territoire. Les certificats renouvelables s’insèrent dans cette logique, car ils donnent une valeur vérifiable à l’électricité bas carbone produite au Cambodge.

Le développement solaire rencontre néanmoins des contraintes concrètes. Les terrains disponibles, les raccordements, la stabilité du réseau et la gestion de l’intermittence pèsent sur les projets. Une usine équipée de panneaux en toiture peut produire une partie de son électricité en journée, mais elle reste dépendante du réseau la nuit ou lors des pics de consommation. Les certificats peuvent compléter ce modèle, à condition de distinguer clairement production sur site, achats d’électricité et attributs environnementaux.

Ce point intéresse particulièrement les investisseurs étrangers présents dans l’habillement, l’électronique légère, l’agroalimentaire ou les services. Beaucoup doivent documenter l’empreinte carbone de leurs activités auprès de clients situés en Europe, en Amérique du Nord ou en Asie orientale. Un système cambodgien reconnu leur permettrait d’acheter localement une preuve d’électricité renouvelable, plutôt que de dépendre uniquement de certificats venus d’autres marchés, parfois éloignés de leurs opérations réelles.

Les entreprises attendent des règles de traçabilité au Cambodge

Les entreprises exportatrices seront parmi les premières utilisatrices potentielles du futur dispositif. Leurs donneurs d’ordre demandent de plus en plus souvent des données sur les émissions indirectes liées à l’électricité. Pour une usine cambodgienne, disposer d’un certificat local, vérifiable et accepté par les auditeurs peut devenir un avantage commercial. Le sujet dépasse donc la seule politique énergétique et touche directement à la compétitivité industrielle.

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La condition centrale reste la traçabilité. Un certificat crédible doit indiquer l’installation de production, la source d’énergie, la période de production, le volume associé et son statut. Une fois utilisé par une entreprise, il doit être retiré du marché. Sans cette annulation formelle, un même mégawattheure renouvelable pourrait être revendiqué par plusieurs acteurs, ce qui affaiblirait immédiatement la confiance dans le système cambodgien.

Le risque de double comptage devra être traité dès le départ. Il peut apparaître entre un producteur, un acheteur d’électricité, une entreprise qui achète un certificat et l’État qui comptabilise ses objectifs nationaux. La réponse passe par des règles publiques, des audits indépendants et une coordination entre les institutions concernées. Le Cambodge devra aussi décider si son dispositif reste d’abord domestique ou s’il cherche une reconnaissance régionale et internationale.

Le calendrier précis n’a pas encore été détaillé publiquement, mais le signal envoyé par le MME ouvre une phase de travail technique. Les producteurs attendent des règles de propriété, les acheteurs veulent des garanties d’usage, et les bailleurs suivent la cohérence avec les investissements dans le réseau. Le futur marché volontaire cambodgien se jouera sur cette capacité à transformer un outil administratif en mécanisme fiable, lisible et utile aux projets énergétiques réels.

Questions fréquentes

À quoi sert un certificat d’énergie renouvelable ?
Il atteste qu’un volume donné d’électricité a été produit à partir d’une source renouvelable. Une entreprise peut l’utiliser pour documenter une consommation d’électricité bas carbone, sous réserve que le certificat soit traçable et annulé après usage.
Pourquoi le Cambodge travaille-t-il sur ce cadre réglementaire ?
Le pays cherche à attirer des investissements dans les renouvelables, à sécuriser les revenus des producteurs et à répondre aux demandes des entreprises exportatrices. Un cadre clair réduit les risques juridiques et facilite les audits.
Les certificats remplacent-ils les investissements dans le réseau électrique ?
Non. Ils peuvent créer une valeur financière supplémentaire pour les projets renouvelables, mais le réseau reste indispensable pour transporter l’électricité, gérer les pics de production et raccorder de nouvelles installations.
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