Le prix du gaz naturel a franchi jeudi 20 août le seuil de 65 euros le mégawattheure sur le marché européen, selon les données rapportées par La Libre. be. Ce niveau, le plus élevé depuis cinq mois, intervient au moment où les fournisseurs préparent les volumes d’hiver et où les ménages belges restent attentifs à leurs factures après plusieurs années de fortes variations.
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Le gaz européen dépasse 65 /MWh le 20 août
Le franchissement des 65 /MWh marque un signal sensible pour le marché de l’énergie. Après plusieurs mois de détente relative, le gaz européen retrouve un niveau qui rappelle la fragilité persistante des approvisionnements. La hausse observée jeudi ne correspond pas à un pic isolé dans un marché sans tension, elle traduit une réévaluation du risque par les opérateurs avant la saison froide.
Sur les places de marché, le prix du gaz reflète à la fois les volumes disponibles, les anticipations de consommation et la concurrence mondiale pour le gaz naturel liquéfié. Le contrat de référence en Europe, souvent associé au TTF néerlandais, sert de repère à de nombreux acteurs, des grands fournisseurs aux industriels. Quand ce prix progresse, l’effet n’est pas immédiat pour tous les consommateurs, mais il pèse sur les contrats indexés et sur les offres renouvelées.
Le niveau atteint jeudi constitue le plus haut depuis cinq mois. Cette indication temporelle compte, car elle montre que le marché s’éloigne des prix plus bas observés au printemps. Les températures clémentes, les stocks confortables et une demande industrielle modérée avaient contribué à contenir les cours. La remontée actuelle suggère que les acheteurs paient davantage pour sécuriser leurs besoins futurs.
La hausse ne signifie pas un retour automatique aux niveaux extrêmes du second semestre 2022, période encore présente dans les analyses des régulateurs. Mais elle rappelle que le marché européen reste exposé aux aléas climatiques, aux opérations de maintenance, aux arbitrages des cargaisons de GNL et aux tensions géopolitiques. Pour les ménages, le signal se lira surtout dans les prochains tarifs proposés par les fournisseurs.

La Belgique expose ménages et fournisseurs aux prix de gros
En Belgique, l’évolution du prix de gros intéresse directement les fournisseurs, mais aussi les ménages ayant choisi une formule variable. Le prix payé par un client résidentiel ne se limite pas à la molécule de gaz. Il inclut les coûts de réseau, les taxes, la TVA et les marges commerciales. Cette construction amortit parfois les mouvements du marché, mais elle ne les annule pas.
Les comparaisons européennes montrent que le gaz belge restait moins cher que dans plusieurs pays voisins au second semestre 2025. Selon les données Eurostat citées dans les comparatifs disponibles, le prix domestique en Belgique atteignait 0,0898 /kWh, contre 0,1436 /kWh en France à la même période. Cette différence s’explique par la structure fiscale, les coûts de réseau et les méthodes de fourniture, plus que par une protection complète contre les marchés internationaux.
La Commission wallonne pour l’Énergie a rappelé dans son analyse qu’en juin 2025, la facture moyenne annuelle en Wallonie s’établissait à 1 686 pour un client-type gaz D3a. La CWAPE souligne aussi que les prix résidentiels restent évalués TVA comprise, avec une TVA de 6 % appliquée au gaz depuis avril 2022. Ces repères permettent de mesurer l’écart entre le prix de marché et la facture finale.
Pour les fournisseurs belges, la remontée du mégawattheure complique les stratégies d’achat. Les entreprises qui couvrent leurs volumes à l’avance peuvent lisser les variations, tandis que celles qui achètent plus près de la livraison subissent davantage les tensions de marché. Les consommateurs, eux, voient la différence lors d’un renouvellement de contrat ou d’un changement de formule. La période qui s’ouvre jusqu’aux premières semaines froides sera donc surveillée de près.

Les stockages européens limitent le risque avant l’hiver
La remontée des cours intervient alors que les stockages européens demeurent un élément central de sécurité énergétique. Depuis la crise des prix, l’Union européenne a renforcé le suivi des réserves afin d’éviter une pénurie en période hivernale. Des stocks élevés réduisent la probabilité d’un choc brutal, mais ils ne garantissent pas des prix bas lorsque la demande mondiale se raffermit.
L’équilibre dépend d’abord de la consommation réelle pendant l’hiver 2026. Un mois de décembre froid, avec peu de vent, augmente mécaniquement la demande de gaz pour le chauffage et peut renforcer l’utilisation de centrales au gaz pour produire de l’électricité. Les fournisseurs intègrent ces scénarios dans leurs achats. Même sans rupture d’approvisionnement, une météo défavorable peut suffire à tendre les prix.
Le rôle du GNL reste également déterminant. L’Europe dépend davantage des cargaisons maritimes depuis la réduction des flux russes. Ces cargaisons sont arbitrées entre plusieurs régions du monde. Si l’Asie paie plus cher, une partie des volumes se détourne du marché européen. Les acheteurs européens doivent alors relever leurs offres pour attirer les navires vers les terminaux de Zeebrugge, Dunkerque, Rotterdam ou d’autres ports.
La météo n’est pas le seul paramètre. Les opérations de maintenance sur des installations norvégiennes, les niveaux de production renouvelable, les contraintes sur les réseaux et les décisions politiques influencent aussi les prix. Les stockages constituent donc un filet de sécurité, pas une assurance contre la volatilité. Les régulateurs et les fournisseurs suivent les niveaux de remplissage, mais le prix payé sur le marché continue de réagir aux informations quotidiennes.
Industrie et électricité surveillent le signal du TTF
Pour l’industrie européenne, un gaz à plus de 65 /MWh ravive une préoccupation déjà connue depuis la crise énergétique. Les secteurs intensifs, chimie, verrerie, métallurgie, agroalimentaire ou papier, intègrent le gaz dans leurs coûts de production. Lorsque le prix augmente, les marges diminuent ou les prix de vente doivent être relevés, avec un risque de perte de compétitivité face à des concurrents situés dans des zones où l’énergie coûte moins cher.
Le marché de l’électricité est aussi concerné. Dans plusieurs pays européens, les centrales au gaz restent appelées lorsque la production nucléaire, hydraulique, solaire ou éolienne ne suffit pas. Le coût du gaz peut donc influencer le prix de gros de l’électricité, surtout lors des pointes de consommation. Cet effet varie selon les mix énergétiques nationaux, mais il demeure important pour les pays fortement connectés aux marchés voisins.
Les consommateurs résidentiels doivent distinguer les contrats variables des offres fixes. Un contrat fixe protège temporairement contre une hausse de marché, mais son prix initial inclut souvent une prime de sécurité. Un contrat variable répercute plus vite les mouvements du marché, à la baisse comme à la hausse. Les ménages belges peuvent comparer les offres, vérifier la durée d’indexation et examiner la part énergie séparément des frais de réseau.
Les entreprises recourent davantage aux achats groupés, aux couvertures partielles et aux contrats de long terme pour réduire leur exposition. Ces instruments ne suppriment pas le risque, mais ils évitent de dépendre entièrement du prix du jour. Le niveau atteint le 20 août sert désormais de référence dans les discussions commerciales entre fournisseurs, grands clients et intermédiaires. Les prochains mouvements dépendront des températures, des flux de GNL et du rythme de remplissage des réserves européennes.
Questions fréquentes
- Pourquoi le prix du gaz dépasse-t-il 65 €/MWh en Europe ?
- La hausse reflète les anticipations d’hiver, la concurrence mondiale pour le GNL, les besoins de stockage et la prudence des acheteurs. Le marché réagit aussi aux risques de météo froide, de maintenance sur les infrastructures et de tensions d’approvisionnement.
- La hausse du gaz se verra-t-elle tout de suite sur les factures belges ?
- Pas toujours. Les contrats fixes protègent jusqu’à leur échéance, tandis que les contrats variables répercutent plus vite les mouvements du marché. La facture finale dépend aussi des coûts de réseau, des taxes, de la TVA et des conditions commerciales du fournisseur.
- Le prix actuel annonce-t-il un retour à la crise énergétique ?
- Le seuil de 65 €/MWh reste un signal de tension, mais il ne correspond pas aux niveaux extrêmes observés pendant la crise. Les stocks européens et la diversification des approvisionnements réduisent le risque de rupture, tout en laissant les prix sensibles aux aléas.
Sources
- Prix de l'énergie – Le prix du gaz au plus haut depuis des …
- Comparaison des prix du gaz en Europe : qui paye son gaz le moins cher ?
- Les prix sur le marché de l'énergie | CWAPE
- Le prix du gaz en Belgique (2026) : évolution en KWh | TotalEnergies Belgique
- Evolution prix de l'énergie Belgique et pays voisins | CREG : Commission de Régulation de l'Électricité et du Gaz




