Le baromètre Avere-France de juillet 2026 décrit un marché électrique français moins dépendant d’un seul moteur de croissance. Les particuliers reviennent dans le jeu, les entreprises maintiennent leurs commandes, et l’occasion pèse davantage dans les décisions d’achat. Cette photographie arrive après un début d’année marqué par 35 683 immatriculations 100 % électriques en février et une part de marché de 23,8 %, selon l’association.
Sommaire
Avere-France décrit un marché électrique équilibré en juillet 2026
Le baromètre publié par Avere-France met en avant une évolution notable du marché: la voiture électrique n’apparaît plus seulement comme un achat militant ou une décision fortement liée aux aides publiques. En juillet 2026, l’association observe un marché plus construit, porté à la fois par les ménages, les professionnels et les gestionnaires de flottes. Cette répartition traduit une phase de consolidation après plusieurs années de croissance heurtée.
Le début de l’année avait déjà donné un signal solide. En février 2026, 35 683 véhicules 100 % électriques avaient été immatriculés en France, soit une progression de 27,3 % sur un an. La part de marché atteignait alors 23,8 %, dans un environnement automobile général en baisse. Cette donnée compte, car elle montre que l’électrique conserve une dynamique propre même lorsque le marché des voitures particulières neuves ralentit.
La maturité évoquée par Avere-France tient aussi à la diversité des acheteurs. Les particuliers restent sensibles au prix d’achat, au coût d’usage et à l’accès à la recharge à domicile. Les entreprises, elles, examinent le coût total de possession, la fiscalité et les règles internes de renouvellement de flotte. Ces deux logiques ne répondent pas au même calendrier, mais elles alimentent désormais le même mouvement de fond.
Le baromètre de juillet ne se limite donc pas à un relevé mensuel d’immatriculations. Il éclaire un changement plus large: l’électrique entre dans une phase où les volumes ne reposent plus uniquement sur quelques modèles très attendus ou sur un dispositif ponctuel. Le marché électrique s’organise autour de segments plus lisibles, de prix mieux positionnés et d’usages identifiés, de la citadine quotidienne au véhicule familial affecté aux trajets professionnels.

Renault 5 et Tesla Model Y illustrent deux clientèles
Les modèles les plus immatriculés montrent la fragmentation actuelle de la demande. Avere-France citait en février 2026 trois véhicules représentatifs: la Tesla Model Y, la Renault 5 et le Renault Scenic. Le premier conserve un profil mixte, avec 60 % de particuliers et 40 % de flottes. Ce partage traduit la capacité du SUV électrique américain à séduire à la fois les ménages à budget élevé et les entreprises en quête d’un véhicule statutaire.
La Renault 5 répond à une logique différente. Selon Avere-France, elle est vendue à 75 % à des particuliers, portée notamment par son positionnement de citadine électrique plus accessible et par son éligibilité au leasing social. Le modèle joue un rôle important dans l’élargissement du marché, car il s’adresse à des automobilistes qui regardaient jusqu’ici l’électrique avec prudence, souvent en raison du prix d’achat initial.
Le Renault Scenic illustre l’autre versant de cette dynamique. Avec 85 % de ventes à des flottes dans les données communiquées en février, il correspond davantage aux besoins des entreprises, notamment pour les cadres itinérants, les services internes ou les usages mixtes. L’intérêt des personnes morales repose sur des critères pratiques: autonomie réelle, fiscalité, entretien réduit, image environnementale et capacité à remplacer un diesel familial sans modifier toute l’organisation des trajets.
Cette lecture par modèle donne une indication utile sur juillet 2026. Le marché n’est plus dominé par un seul profil d’acheteur. Les citadines visent les ménages, les SUV familiaux conservent une base mixte, les modèles plus spacieux progressent dans les parcs d’entreprise. Cette segmentation rend la croissance moins spectaculaire que lors des premières vagues d’adoption, mais plus robuste. Elle oblige aussi les constructeurs à ajuster leurs gammes, leurs financements et leurs services de recharge selon des publics beaucoup plus distincts.

Les entreprises prolongent leurs commandes malgré un marché neuf ralenti
Le rôle des entreprises reste central dans la lecture du baromètre. Même lorsque le marché automobile neuf recule, les flottes maintiennent une demande structurée pour les véhicules électriques. Cette demande est liée aux politiques internes de réduction des émissions, aux obligations réglementaires et à la recherche d’économies sur l’énergie et l’entretien. Les gestionnaires ne raisonnent pas seulement en prix catalogue, mais en coût total sur plusieurs années.
Cette approche explique pourquoi les flottes d’entreprise peuvent soutenir le marché pendant les périodes de prudence des ménages. Un particulier reporte plus facilement son achat lorsqu’un budget se tend ou lorsqu’une aide change. Une société, en revanche, doit renouveler ses véhicules, répondre à des règles de circulation en zone urbaine et maintenir l’activité de ses équipes. L’électrique devient alors une option opérationnelle, pas uniquement une vitrine environnementale.
La transition n’est pas automatique. Les entreprises doivent installer des bornes sur site, adapter les cartes de recharge, former les salariés et suivre les consommations. Les grands comptes avancent plus vite, car ils disposent d’équipes dédiées et de volumes suffisants pour négocier. Les PME progressent par étapes, souvent avec quelques véhicules d’abord, puis un élargissement si l’usage se révèle compatible avec les tournées, les rendez-vous clients ou les trajets domicile-travail.
Le ralentissement du neuf reste un point de vigilance pour les constructeurs. En février 2026, Avere-France relevait que les volumes de voitures particulières neuves atteignaient un plus bas historique pour un début d’année, tout en soulignant que l’électrique demeurait l’énergie la plus immatriculée du mois. Cette situation crée un contraste: le marché global se contracte, mais la voiture électrique gagne en poids relatif. Pour les marques, la bataille se joue donc sur les loyers, les délais de livraison, la valeur résiduelle et les services associés.
L’occasion électrique modifie les arbitrages des ménages français
La maturité du marché passe aussi par l’occasion. Avere-France et Mobilians ont rappelé, dans leur baromètre dédié aux véhicules électriques d’occasion, que le marché de seconde main occupe une place déterminante dans les achats des particuliers. Le prix moyen des véhicules électriques d’occasion a reculé de 17,4 % sur un an au premier trimestre 2025, selon les données citées par La Centrale. Cette baisse rend l’accès à l’électrique moins dépendant du neuf.
Le sujet est majeur pour les ménages. Le marché de l’occasion est décrit par les professionnels comme trois fois plus important que celui du neuf, et six véhicules sur sept achetés par des particuliers relèvent de la seconde main. L’arrivée de modèles électriques plus nombreux sur ce segment modifie donc concrètement les arbitrages. Un conducteur peut comparer une citadine thermique récente avec une électrique âgée de quelques années, en intégrant le coût de recharge, l’entretien et les restrictions de circulation.
Les freins n’ont pas disparu. La batterie reste le premier point d’interrogation, même si les garanties longues et les diagnostics de capacité rassurent une partie des acheteurs. Les professionnels de l’automobile jouent ici un rôle de médiation: expliquer l’autonomie réelle, vérifier l’état de santé de la batterie, préciser les câbles fournis, détailler l’historique de recharge et proposer un financement adapté. Sans cette pédagogie, la baisse des prix ne suffit pas toujours à déclencher l’achat.
La fiscalité peut également peser sur la dynamique. Avere-France et Mobilians ont alerté sur la fin de la quasi-gratuité de la carte grise pour les véhicules électriques, susceptible de réduire l’avantage tarifaire face aux modèles thermiques. Dans un marché plus mature, chaque coût visible compte. Les ménages regardent le prix affiché, mais aussi l’assurance, la recharge, le stationnement et la revente. Le marché de l’occasion devient donc un test essentiel pour mesurer l’ancrage durable de l’électrique dans les usages quotidiens.
Recharge et prix conditionnent la prochaine phase en France
La progression de l’électrique dépend désormais autant de l’écosystème que des véhicules eux-mêmes. Avere-France publie aussi des baromètres dédiés aux points de recharge ouverts au public, réalisés avec le ministère chargé de la Transition énergétique à partir des données de Gireve. Cette dimension est centrale: un automobiliste peut accepter une autonomie plus limitée si la recharge est fiable, visible et disponible au bon endroit.
Pour les particuliers, la borne à domicile reste l’option la plus confortable lorsque le logement le permet. Les habitants en copropriété, les locataires et les ménages sans stationnement privé rencontrent davantage d’obstacles. Le développement des bornes de rue, des parkings équipés et des stations rapides devient alors décisif pour élargir la base d’acheteurs. Le réseau de recharge n’est plus un équipement annexe, il influence directement la décision d’achat.
Le prix de l’électricité et la lisibilité des tarifs jouent aussi un rôle. Les conducteurs attendent des informations simples sur le coût au kilowattheure, les frais de session, les abonnements et la puissance délivrée. Une recharge rapide facturée cher peut réduire l’écart avec un plein de carburant, surtout sur autoroute. À l’inverse, une recharge régulière à domicile ou au travail conserve un avantage économique net pour de nombreux usages quotidiens.
La prochaine étape du marché français se jouera donc sur un triptyque précis: prix d’achat, disponibilité des modèles et qualité de l’infrastructure. Le baromètre de juillet 2026 montre un marché plus équilibré, mais pas affranchi des contraintes pratiques. Les constructeurs, les distributeurs, les collectivités et les opérateurs de recharge avancent désormais dans le même espace concurrentiel, où la confiance du client dépend autant de la voiture que de ce qui l’entoure.
Questions fréquentes
- Que montre le baromètre Avere-France de juillet 2026 ?
- Il décrit un marché électrique français plus mature, porté à la fois par les particuliers et par les entreprises. Cette évolution traduit une demande moins dépendante d’un seul dispositif d’aide ou d’un seul modèle.
- Pourquoi les entreprises jouent-elles un rôle important ?
- Les entreprises renouvellent régulièrement leurs flottes et évaluent les véhicules sur plusieurs années. Elles intègrent le coût de l’énergie, l’entretien, la fiscalité, les obligations environnementales et les besoins opérationnels.
- L’occasion peut-elle accélérer l’adoption de l’électrique ?
- Oui, car elle abaisse le prix d’entrée pour les ménages. La confiance dépend toutefois de la transparence sur la batterie, de l’historique du véhicule, des garanties et de l’accès à la recharge.
Sources
- L’Avere-France et Mobilians publient la cinquième édition du baromètre du marché des voitures électriques d’occasion – Avere-France
- [Baromètre] Février 2026 : 23,8 % de part de marché pour l'électrique dans un marché automobile en baisse – Avere-France
- Baromètre mensuel : cet été, le marché du véhicule électrique a enregistré une progression de + 54 % ! – Avere-France
- [Baromètre] Février 2026 : 23,8 % de part de marché pour l'électrique dans un marché automobile en baisse – Avere-France
- [Baromètre] avril 2025 : 38 211 véhicules immatriculés, en hausse de 1% par rapport à avril 2024 – Avere-France




